Récit de la découverte d’un petit trésor

En 1997 j’ai acheté une maison à Beauharnois, c’était une reprise de finance qui datait de 1887.  Je ne l’ai pas payée cher mais il y avait énormément de travaux à faire.

Les planchers en bois franc, les murs et les plafonds en lattes de bois… Elle n’avait jamais été entretenue sauf pour la dizaine de couches de peinture…

J’ai fait remplacer toutes les portes et toutes les fenêtres.  On a mis du gypse partout et refait les planchers.

Dans la cuisine du logement au deuxième étage, il y avait un vieux plancher de bois franc et il y avait une bonne fente entre chaque planche.  Mon but était d’installer une feuille de contreplaqué ¼ à la grandeur et de recouvrir avec un prélart.

Il y avait avant tout des ajustements à faire sur le plancher car il craquait comme une maison de film d’horreur.  Je voulais élargir la porte entre le salon et la cuisine pour en faire une porte d’arche de 5 pieds de largeur.

Donc je démonte les moulures, le cadrage, le seuil….

Lorsque j’enlève le seuil, je remarque que j’ai accès sous le plancher de la cuisine.  Il y a un espace entre le plafond de rez-de-chaussée et le plancher du deuxième étage.  Environ 18 pouces de haut et c’est vide.

J’insère mon bras par curiosité et je touche à un genre de poudre….  J’en sort une poignée… c’est du bran de scie… À ce moment, je me dis « what the fuck… Kossé ça??? »

Je vais chercher une lampe de poche car on n’y voit foutrement rien.  Lorsque j’éclaire dans la partie accessible, c’est plein de bran de scie et de la poussière.  L’endroit où j’ai pris une poignée le premier coup, j’y vois une pièce ronde du genre morceau de boite électrique rond que l’on retrouve partout sur les chantiers de construction que les électriciens sèment partout…

Je ramasse le morceau, cool c’est un vieux 5 cents 1943. Je me suis dit qu’il avait surement tombé entre les planches du plancher il y a des lunes….

J’ai trouvé ça malpropre et les deux sections que j’avais accès étaient dégueulasses et j’ai décidé de les nettoyer poignée par poignée j’ai vidé ce que je pouvais rejoindre et les surprises ont continuées…

Dans la première section j’ai sorti une médaille de  sacré-cœur, un carton d’allumettes vide de la pharmacie Larose (fermé du temps que La Poune était encore d’actualité…) du change 1960-1970-1980 (quelques cents, 1 dix cents pis un vingt-cinq cents).

Sur l’autre côté, j’ai décidé de prendre la Shop Vac.  Après avoir ramassé sur le premier coté moins de 40 cents, une médaille rouillée et des cossins sans importance et avoir perdu une demi-heure je me suis dit « arrête de niaiser faut que ça avance ».

Donc 5 minutes plus tard et quelques « cling cling cling » qui sont passés dans le tuyau de la Shop Vac, j’avais presque fini lorsque le son de la balayeuse change tout d’un coup et puis elle se met à siffler… Bon…. Je viens de pogner quelque chose qui a bloqué le tuyau…

J’ai ressorti le tuyau et c’est une enveloppe qui est coincée de travers dans le bout qui fait siffler la balayeuse à se faire briser les tympans… Je tire dessus et je la lance au bout de mes bras…

Je fini mon ménage, coupe un bout de mur, nouveau cadrage, seuil neuf…. Je vais me coucher.

Le lendemain, j’en suis à poser mon contre-plaqué sur le plancher.  Je passe donc le balai avant de commencer et parmi le tas de débris, l’enveloppe trône fièrement sur le dessus pleine de poussières.  Je remarque qu’il y a quelque chose d’écrit sur l’enveloppe.  Je ne l’avais pas vu avant car elle est pleine de tache d’humidité et pas très propre, je la ramasse et je l’essuie.  C’est écrit très pale à la main « Thérèse » et elle est cachetée (je ne sais pas si c’est voulu ou si c’est l’humidité des années) mais je sens dans mes mains qu’elle est trop épaisse pour être vide.

Je me dis que c’est peut-être une lettre et que ça pourrait être intéressant à lire ou même savoir depuis quand ça se trouve sous mon plancher…

Je l’ouvre, elle contenait 10 billet de 25 cents 1900-1923 et rien d’autre… J’étais émerveillé et déçu en même temps.  J’aurais aimé en savoir plus mais comment me plaindre de ma découverte…

 

Plus tard j’ai repensé a tous les « cling cling cling » que j’avais entendu passer dans le tuyau pendant le nettoyage… J’ai donc vidé et trié le contenu complet de la foutu balayeuse.

Résultat…. 1 clou, quelques cailloux et 1 sou 1920 en bonne état.

J’ai su ensuite que le bran de scie servait d’isolation à l’époque.  Je ne sais pas ce qu’est devenu la médaille de sacré-cœur et Thérèse doit être introuvable aujourd’hui.

 

Un collectionneur anonyme