Jeton colonial contrefait (PC-4)

Depuis quelques temps, des contrefaçons de jetons coloniaux canadiens apparaissent sporadiquement sur eBay.  Ils demeurent le temps qu’un ou des collectionneurs les dénoncent à eBay.  Les enchères sont rapidement annulées par eBay.

Ces contrefaçons modernes sont fabriquées dans le but de flouer les collectionneurs.  En tant que collectionneurs, nous nous devons de rester vigilant et de toujours faire nos vérifications.

Vous retrouverez dans cet article :

  • Les différences majeures de l’avers et du revers
  • Les caractéristiques physiques du jeton original et du jeton contrefait
  • Deux exemples d’enchère sur eBay, une légale et une frauduleuse
Avers d’un jeton original et d’un jeton contrefait

Différences majeures Jeton original Jeton contrefait
Plis dans le manteau de l’habitant
Plis sur la jambe droite de l’habitant (celle de gauche sur la pièce)
Le collet de l’habitant
La grosseur des perles sur le pourtour

 

Revers d’un jeton original et d’un jeton contrefait

 

Les différences du côté du revers sont majeures.  Tous les détails sont présents sur la contrefaçon mais ils sont très mal reproduits.

Elle ressemble beaucoup plus à un logo d’un club numismatique qu’à un jeton colonial.  Même un collectionneur novice remarquera rapidement qu’il ne s’agit pas d’une pièce originale.

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Différences majeures Jeton original Jeton contrefait
Le pourtour du bouclier et le lion
La grosseur des vagues
Les détails des rochers sur le cap
Les détails de la poupe du bateau
Les détails de la corne d’abondance
Caractéristiques physiques
Caractéristiques Jeton original Jeton contrefait
Poids 19,5 g 17,5 g
Diamètre 34,5 mm 34 mm
Épaisseur 3 mm 2,5 mm
Tranche Lisse Lisse

 

Différence d’épaisseur entre le jeton original et le jeton contrefait

 

 

Enchère frauduleuse ne mentionnant pas que c’est une reproduction

 

 

Enchère légale mentionnant « Reproduction » (RIPRODUZIONE en italien).  Le prix est aussi en conséquence

 

 

J’ai mis la main sur 3 autres pièces de contrefaçon.  Elle reproduise un LC-17, un NB-1 et un cent 1861 nova scotia.  C’est difficile de comprendre les raisons qui pousse le faussaire à fabriquer des pièces aussi communes (il y a seulement le LC-17 qui n’est pas commun en laiton).

Tel que mentionné déjà dans plusieurs articles, le collectionneur sérieux est responsable de faire ses devoirs.  Il se doit d’être bien documenté et de bien vérifier ce qu’il s’apprête à acheter.

Toujours faire ses devoirs

Parfaire nos connaissances dans un domaine aussi spécialisé que la numismatique est primordial.   Ceci pour être en mesure de bien identifier les pièces ainsi que leur valeur.

Le numismate doit se fier uniquement à lui-même et ne pas s’en remettre aux autres.  Il s’informe et contre vérifie les informations obtenues.  Ces informations qu’il aura obtenu par d’autres numismates, sur internet, dans les livres de référence ou tout autre source d’information doit être vérifié.  Des erreurs peuvent apparaître même dans les livres spécialisés.

Les compagnies de gradation et d’enchère peuvent aussi faire des erreurs.

Ce faux jeton de la « north west company » en est un bel exemple.

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Dans la description de l’item s’est inscrit : Il s’agit d’un jeton original de la North West Fur Trade Company datant de 1820.  En fait, le jeton de cette enchère est une copie moderne de celui de 1820.  On le retrouve de temps en temps sur eBay en dessous de 100$.

Voici à quoi ressemble un original de 1820

North West 1820 original

Voici celui de l’enchère

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Voici d’autres exemples de refrappe moderne de ce jeton

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Je plains beaucoup l’acheteur de l’enchère qui n’a pas fait ses devoirs.  3900USD + frais de 702USD + les taxes applicables.  Ça fait beaucoup pour un item qui valait à peine 100$.

Peu importe qu’une compagnie de gradation et/ou une compagnie d’enchère mentionne certaines informations, c’est à vous de valider les faits.  C’est vous qui allez vivre avec les conséquences de vos décisions.

En numismatique et dans bien d’autres domaines, avoir les connaissances c’est le pouvoir.

Louis Hébert

Étant un collectionneur compulsif et un fan de l’histoire de notre belle ville de Québec, je ne pu m’empêcher de miser sur une médaille de Louis Hébert.  Je ne connaissais pas l’existence d’une telle médaille avant de la voir sur eBay.

Elle pèse 194.7 grammes et elle mesure 6,8 cm (3 pouces et 11/16). Elle est en bronze (alliage de cuivre et d’étain).

Sur l’avers on peut voir Louis Hébert tenant une gerbe de blé dans sa main gauche et une faucille dans sa main droite.  Son gendre, Guillaume Couillard, est à sa gauche avec sa charrue (premier colon en Nouvelle-France a avoir utilisé une charrue).  À sa droite on voit Marie-Rollet, sa femme, avec leurs 3 enfants.  Les dates 1617-1917 apparaissent pour indiquer que c’est le 300e anniversaire de leur arrivée en Nouvelle-France.  On peut voir (difficilement) le nom du graveur, A. Laliberté en dessous de « LOUIS » de la légende « III IEME CENTENAIRE DE L’ARRIVÉE DE LOUIS HEBERT AU CANADA ».  En dessous de Louis Hébert on peut lire la devise : « Dieu ayde au premier colon ».

Louis Hebert avers
Sur le revers on retrouve « HONNEUR aux premiers colons du canada » ainsi que la liste des premiers colons du Canada.
Louis Hebert revers
LouisH_Caron_et_freresV2
Sur la tranche on peut voir le nom du fabriquant « CARON FRÈRES » (de Montréal).

Je connaissais toutefois l’existence du monument de Louis Hébert (monument Hébert – Couillard) car j’en avais entendu parler à la radio touristique de Québec (89,7 FM et 90,3 FM). La description que j’avais entendue à la radio correspondait à l’image de la médaille.  Quelle ne fut pas ma surprise de voir la signature d’Alfred Laliberté sur la médaille, c’est le sculpteur qui a fabriqué le monument.  Je me suis dit qu’il y avait sûrement un lien entre les 2 objets.  Et bien, voici une bonne occasion de faire mon travail de numismate et de faire une recherche plus approfondie.

Je connaissais un peu l’histoire de Louis Hébert car j’avais lu un livre portant sur lui.

Louis Hébert était un apothicaire  né vers 1575 à Paris.  Il était marié à Marie Rollet.  Il est reconnu pour être le premier colon de la Nouvelle-France parce qu’il vivait des produits qu’il cultivait.

La famille de Louis Hébert a été la première à s’établir à Québec.  Ils sont arrivés en 1617 avec leur trois enfants : Anne 14 ans, Guillemette 9 ans et Guillaume 3 ans.  Est-ce que vous vous imaginez traverser l’océan atlantique dans un bateau de bois et faire le trajet avec des enfants de cet âge? J’imagine le petit dernier : « Est-ce qu’on est presqu’arrivé? ».  Les parents ont dû être bien content de voir les côtes après plusieurs semaines de voyage!

Le monument est situé dans le parc Montmorency (près de la côte de la montagne).  Vous pouvez apercevoir Louis Hébert avec le fruit de sa culture dans sa main gauche.

La photo provient du site www.biographi.ca

La médaille a été réalisée à l’occasion de l’inauguration du monument qui soulignait l’arrivée de Louis Hébert au Canada depuis 300 ans.

Sur le monument on peut voir Louis Hébert avec une faucille dans la main droite et un gerbe de blé dans la main gauche.  Marie Rollet et leur enfants ainsi que Guillaume Couillard (son gendre) avec sa charrue.  On retrouve ces mêmes éléments sur la médaille.

En terminant, je n’ai pas trouvé le nombre de médailles émises.  Si vous possédez cette information, bien vouloir l’indiquer dans les commentaires de cet article,  il me fera plaisir de partager cette information avec les lecteurs.

Quoi de neuf sur eBay (mai 2017)

Une très belle rareté (UC-11) était disponible sur eBay jusqu’à 22:08 le 14 mai 2017.  Cette pièce est rarement disponible sur eBay.  On la retrouve surtout dans les enchères conventionnelles.

Le spécimen dans l’enchère était un très beau VF pour le type mais avec quelques vieilles grafignes sur la bateau du côté de l’avers.  C’est peut-être à cause de ce petit trouble que le prix réalisé est à moins de 45% du prix de liste.  Selon le Charlton (Canadian colonial tokens) 8e édition, le UC-11 en VF vaut 7000$.

 

 

quoi de neuf sur eBay mai 2017

 

Cette pièce est en cuivre et pèse entre 6.4 et 6.5 grammes et son axe de rotation est médaille.  Elle mesure entre 27.2 et 27.6 millimètres.  Sa tranche est « Reeded ».

LC-35 Avez-vous remarqué?

Avez-vous déjà remarqué quelque chose de bizarre sur le dessin du LC-35 dans le Charlton?

Pourquoi donc il y a ces lignes qui ne semblent pas être des parties d’un bouquet de fleur?

LC-35 Charlton

 

J’ai acheté un LC-35A1 le 2 janvier 2016.  Le vendeur indiquait « DOT RARE PUNCH-OVER » dans le titre de son enchère.  J’ai gagné le jeton même si je ne voyais rien de bien clair sur les photos.

 

Lorsque j’ai reçu le jeton je l’ai regardé attentivement.  Mes premières impressions étaient que c’était une surfrappe.  Mais je n’arrivais par à déterminer quelle était le jeton d’origine (host).

Lorsque je regardais le jeton avec une photo inversé je croyais voir les détails d’un jeton de la nouvelle-écosse de la série des chardons (thistle series).

LC-35 Chardon

Mais ce que l’on vois réellement c’est des détails du revers.  Je crois qu’il s’agit d’un « die clash » (coin entrechoqué).

Cette erreur survient lorsqu’il y a une absence de flan entre les 2 coins lors de la frappe.   Cela provoque l’impression d’une empreinte de chaque coin sur la face du coin opposée.

Un « die clash » est très clair sur le jeton NS-3A4.

DieClash

 

Mais ma grande question est pourquoi est-ce que sur le jeton NS-3A4 c’est seulement le mot « token » qui est été « transféré » et non toutes les écritures?

Est-ce que qu’il y avait une pression inégale sur les coins lors de la frappe?

 

Dans le cas du LC-35 peu de détail se sont retrouvé sur les coins opposés.  Aucune trace de l’avers sur le revers.  Même constatation sur le NS-3A4.

 

Mes pièces inconnues

Il y a quelque temps, j’ai gagné sur un site d’enchères électroniques, des lots de petites pièces qui étaient inconnues de leurs vendeurs.  Je les trouvais intéressantes, elles semblaient provenir du Moyen-âge.  Je les ai montrées à plusieurs numismates mais aucun n’a pu me les identifier avec précision.  Certains croyaient même qu’elles étaient fausses.  J’ai donc décidé de faire des recherches pour éclaircir ce mystère.

Sur l’avers il y a trois couronnes alternées de trois fleurs de lis placées autour d’une rose centrale.  Sur le revers, il y a une sphère montée d’une croix à l’intérieur de trois arches alternées de trois triangles.  Il y a des légendes des deux côtés.  Les légendes sont en allemand.  Ces jetons sont très minces.

Mes pièces sont en fait des « jetons de compte » frappés au 16e, 17e  et 18e siècles à Nuremberg (Allemagne).

Avant d’approfondir en détail sur les jetons de Nuremberg, nous devons nous attarder sur l’histoire des jetons de compte.  Il m’est venu plusieurs questions au cours de mes recherches.  Pourquoi avait-on besoin de jetons pour compter?  Quelle utilisation avait ces jetons?

Le calcul avec les jetons était couramment utilisé au Moyen-Âge en Europe occidentale.  Les calculs se faisaient à l’aide d’un échiquier, d’une table de comptage ou d’un comptoir (Étymologie et histoire du mot comptoir : table sur laquelle le marchand montre sa marchandise et compte l’argent).  Ce dernier était souvent fait de tissu.  Son utilisation était similaire à celui d’un abaque.  Les colonnes verticales étaient affectées à des valeurs comme par exemple des livres tournois, des sols et des deniers.  Les dénominations étaient placées de droite à gauche, de la plus petite à la plus grande.  Les rangées représentaient les transactions à calculer.  Le terme « jeton » provient du verbe jeter, parce que l’on jetait ces pièces sur le comptoir.

TableCompte

Sur l’image de la table de comptage, l’échiquier est remplacé par des traits.  Les traits on le même rôle que les colonnes de l’échiquier.

Pour bien comprendre pourquoi on calculait avec des jetons au Moyen-Âge, nous devons nous replacer dans le contexte de cette époque.  La majorité du peuple est analphabète et n’a pas accès aux études.  Ils n’ont pas accès aux livres et aux méthodes de calcul enseignées dans les universités.  Les chiffres arabes ont été importés en Europe au Xe siècle par le pape Sylvestre II mais ils étaient utilisés seulement par des groupes restreints.  Les marchands, les banquiers, le gouvernement et le peuple connaissaient et utilisaient seulement les chiffres romains.  Pendant que les gens continuaient de compter avec les jetons, un débat perdura pendant très longtemps qui opposait les « abacistes » (calcul sur abaque) et les « algoristes » (calcul avec chiffres indo-arabes).  Le peuple avait une grande méfiance du calcul écrit.  De plus, le papier était fabriqué artisanalement donc dispendieux.  Le système monétaire n’était pas décimal et les conversions d’une dénomination à l’autre n’étaient pas toutes identiques.  Comme par exemple, il pouvait y avoir 12 deniers dans un sol et 20 sols dans une livre tournois.

Essayez d’additionner sur papier et en chiffre romains les 5 transactions suivantes :

 

Transaction I VIII livres, X sols et XI deniers
Transaction II I livre, XVIII sols et I deniers
Transaction III VII livres, VIII sols et X deniers
Transaction IV XXX sols
Transaction V X livres, X sols et X deniers

 

Le tableau suivant illustre le calcul sur un échiquier à l’aide de jetons.

 

Centaine(s)

Livre

Dizaine(s) livre Livre(s) Sol(s) Denier(s)
Transaction I 8 jetons 10 jetons 11 jetons
Transaction II 1 jeton 18 jetons 1 jeton
Transaction III 7 jetons 8 jetons 10 jetons
Transaction IV 30 jetons
Transaction V 10 jetons 10 jetons 10 jetons

 

Pour chacune des transactions, le nombre de jeton représentant le nombre de la dénomination a été placé sur l’échiquier.  J’ai inscrit les nombres (en chiffres arabes) à la place de dessiner les jetons.

Lorsque toutes les transactions sont représentées sur l’échiquier, il faut déplacer tous les jetons en bas de leur colonne respective.

 

Centaine(s)

Livre

Dizaine(s) livre Livre(s) Sol(s) Denier(s)
Transaction I
Transaction II
Transaction III
Transaction IV
Transaction V
26 jetons 76 jetons 32 jetons

 

Par la suite il faut effectuer les retenues.

Il y a 12 deniers dans un sol.  Enlevez un groupe de 12 jetons de la colonne des deniers et ajoutez un jeton dans la colonne des sols.  Effectuez cette opération jusqu’à ce qu’il reste moins de 12 jetons dans la colonne des deniers.

Livre(s) Sol(s) Denier(s)
26 jetons 76 jetons

+1

32 jetons

– 12

26 jetons 77 jetons

+1

20 jetons

-12

26 jetons 78 jetons 8 jetons

Il y a 20 sols dans une livre.  Enlevez 20 jetons de la colonne des sols et ajoutez un jeton dans la colonne des livres.  Effectuez cette opération jusqu’à ce qu’il reste moins de 20 jetons dans la colonne des sols.

Livre(s) Sol(s) Denier(s)
26 jetons

+1

78 jetons

-20

8 jetons
27 jetons

+1

58 jetons

-20

8 jetons
28 jetons

+1

38 jetons

-20

8 jetons
29 jetons 18 jetons 8 jetons

 

Réponse : La somme des 5 transactions est donc de 29 livres tournois, 18 sols et 8 deniers.

 

Au départ, les Romains utilisaient simplement des cailloux pour compter sur leur abaque.  De simples petits bouts de bois, des petites rondelles d’ivoire ou bien de vraies pièces de monnaie ont été utilisés comme jetons de compte.

En Angleterre, la monnaie vénitienne était utilisée pour compter par le « gouvernement » durant le règne de John (1199-1216) jusqu’à Edward II (1307-1327).  Par la suite, plusieurs jetons ressemblaient aux vraies monnaies de circulation car les mêmes poinçons pouvaient être utilisé pour fabriquer les « coins » de ces pièces ainsi que ceux pour les jetons de compte.  Les jetons de comptes étaient en laiton tandis que les autres (les vraies) étaient en argent.  Pour éviter que certaines personnes mal intentionnées les recouvres d’une fine couche d’argent et les fassent passer pour des vraies, les jetons étaient souvent percés au centre.

Certaines villes, compagnies et seigneurs firent frapper des jetons à leur nom pour être utilisés par leurs officiers.

Les jetons de compte avaient plus d’un type d’utilisateur.  Premièrement il y avait le « gouvernement » pour la gestion des comptes publics.  Les marchands pour les transactions avec les autres marchands et leurs clients.  Les changeurs (aux marchés et aux foires) que les gens allaient voir pour échanger leurs monnaies étrangères contres les monnaies acceptées localement.

Les utilisations des jetons de compte étaient sûrement différentes d’un utilisateur à l’autre.  Les officiers du gouvernement travaillaient en équipe, certains dictaient les nombres pendant que les autres plaçaient les jetons sur leur table de comptage.  Les marchands et les particuliers avaient sûrement des façons de faire différentes en raison du nombre de transaction à compter.

 

Les jetons de Nuremberg

Au 16e siècle, le centre de production des jetons de compte était Nuremberg.  Il y a eu beaucoup de familles de maîtres graveurs.  Ils ont été plusieurs à être graveur de père en fils.  Les familles les plus connues étaient : Shultes, Krauwinckel, Lauffer et Lauer.  Le nom de la famille apparaît souvent sur les jetons.

Il y a plusieurs types de jetons de Nuremberg.  Le plus commun (et de loin) est celui de la rose et de la sphère (Krauwinckel).

 

Voici quelques types que je trouve intéressants.

 

La rose et la sphère (le plus commun).

rosesphere

 

Le lion ailé de Saint Marc tenant l’Évangile dans sa patte droite.

lionaile

 

Venus

venus

 

« Maître d’école » ou « au comptable »

aucomptable

 

Saint Kilian

saintkilian

 

Buste Charles Quint

charlesquint 

 

Personnellement tous mes jetons de compte sont du type rose/sphère.

Les légendes se trouvent avec plusieurs abréviations différentes.  Il ne semble pas y avoir eu de standardisation au niveau de la façon d’abréger.

Sur l’avers

« Hans Krauwinckel in Nuremberg » inscrit en plusieurs variétés d’abréviations.

HAANS KRAVWINCKEL IN N

HANNS KRAVWINCKEL IN NV

HANNS KRAVWINCKEL IN NVR

HANNS KRAVWINCKEL IN NVRNB

HANNS KRAVWINCKEL IN NVRENBE

HANNS KRAVWINCWEL IN NVRENBE (W à la place du 2e K)

Sur le revers

Il y a beaucoup de variétés pour le revers.  Je vais lister seulement celles que j’ai personnellement sur mes pièces.

GOTES GABEN SOL MAN LOB – One should praise God’s gifts (Il faudrait louanger les cadeaux de Dieu)

GOT ALEIN DIE EERE SEI – To God alone the glory (À Dieu seul la gloire)

HEVT RODT MORGEN TODTT – Today red, tomorrow dead (Rouge aujourd’hui, mort demain)

GOTES SEGEN MACHT REICH – God’s blessing maketh rich (from Proverbs 10, 22)

Proverbe 10:22 :                 C’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, et il ne la fait suivre d’aucun chagrin.

Si un collectionneur passionné voudrait collectionner toutes les variétés de revers et d’avers, je crois qu’il n’en aurait pas assez de toute une vie!!!

Je conclurais que je suis extrêmement impressionné de la quantité d’information super intéressante que j’ai appris en effectuant les recherches sur mes jetons inconnus.

Référence :

Les photos de jetons proviennent du site Internet www.cgb.fr

 

 

 

 

 

Ottawa 2008

Après un petit voyage de 5 heures, en compagnie de 3 autres numismates, la capitale de notre beau grand pays se retrouve enfin sous nos yeux!  Le temps de trouver notre hôtel, nous nous installons confortablement dans nos chambres pour la nuit en vue d’un lendemain rempli de recherches, de trouvailles et de rencontres plus qu’intéressantes.

Après un copieux déjeuner (surtout pour Stéphane Tremblay!!!), nous nous déplaçons vers la salle où se déroule le congrès.  Arrivé à l’entrée, j’ai aperçu Gregory S. Ingram, l’auteur de 4 livres sur les jetons coloniaux.  Gregory écrit aussi des articles dans le Canadian Coin News.  Il était présent pour vendre son nouveau livre : The provincial penny and half-penny tokens of nova scotia (the thistle series).  Stéphane Tremblay connaissait personnellement cet auteur.  Ils ont discuté longuement.  Pour ma part, j’avais été en contact avec le co-auteur de ces livres : Branko Marelic.  Je voulais me procurer la série complète.  Ces livres reprennent les variétés de Courteau,  ils sont extrêmement bien faits et sont agrémentés de photos pour nous aider à bien identifier les variétés.

Le travail de recherche pour le dernier livre est gigantesque.  Ils ont scruté au-delà de 600 pièces au cours  des 15 dernières années et tout près de 3 ans pour écrire le livre.

Liste des livres disponibles dans cette collection.

Livre4 Livre3

Livre2 Livre1

The Tiffin Tokens of Canada (First edition 2004) 45$
The Bust and Harp Tokens of Canada (First edition 2004) 35$
The Ships Colonies & Commerce Tokens of Colonial Canada (First edition 2007) 50$
The Provincial Penny And Half-penny Tokens Of Nova Scotia (The Thistle Series) (First edition 2008) 70$
Des frais de 5$ en sus pour la livraison.

Lorsque l’on connaît le temps de travail pour la recherche et la création d’un tel ouvrage, je crois sincèrement que ces livres sont à un prix très raisonnable.  Les textes de Courteau sont très difficiles à comprendre pour les amateurs étant donné qu’il n’y a pas d’images.  Les livres de cette série valent leur pesant d’or.  Tout le travail de recherche a été fait par les auteurs!

Pour les intéressés, vous pouvez rejoindre Gregory par courriel (ingramgs@shaw.ca) ou par le courrier régulier.

 

Greg Ingram

P.O. Box 1272, Stn ‘M’

Calgary Alberta Canada

T2P 2L2

Pour continuer mon histoire, je laissai donc Stéphane et Gregory à leur discussion fondamentale sur les origines des Tiffin!  Je partis donc comme un jeune garçon en quête d’un trésor.  J’étais tout excité en voyant le nombre de marchands.  Je me sentais comme un moustique dans un camp de nudiste!

J’ai rencontré un marchand du nom de Harry Garrison, il était un marchand et il  désirait prendre sa retraite.  Il avait décidé d’offrir en enchère privée 7 lots incroyables.  Le premier lot était 18 LC-1 (Jeton Îles de la Madeleine) dont les grades variaient entre Good et AU.  Le deuxième lot était 3 jetons Leslie & sons 2 pences (ces pièces ne sont pas faciles à trouver dans le marché d’aujourd’hui).  Le troisième lot était composé de 19 jetons de la Baie d’hudson en laiton.  Le quatrième lot était composé de 18 Anchor Money 1822, les grades variaient entre VF et UNC.  Le cinquième lot était 5 Anchor money 1820 (beaucoup plus rare que les 1822) le grade était « proof ».  Le sixième lot était un « Brockage » d’un cent de Terre-neuve.  Le septième lot était 3 Anchor Money ½ dollar (2 AU58 et 1 MS62).

Voici les prix réalisés :

#Lot Nombre de pièce Description Prix réalisés
1 18 1815 Madalen Island 1p tokens.  Grade from good to AU. 5050$
2 3 2p Leslie & Sons tokens 1100$
3 19 Brass Hudson Bay Beaver Tokens

5 (1/8) 3 (1/4) 5 (1/2) 6(1)

8100$
4 18 1822 British West Indies Anchor Money

6 (1/16) 4 (1/8) 6 (1/4) 2 (1/2).  Grades range from VF to UNC

2310$
5 5 1820 British West Indies Anchor Money Proofs (1/16 1/4 1/4 1/8) 940$
6 1 18XX Newfounland Cent Brockage – Very choice. 400$
7 3 1822 British West Indies Anchor Money

(Plain date) 1/2 Dollar PCGS AU58

(Plain date) 1/2 Dollar PCGS AU58

(2 over 1) 1/2 Dollar NCG MS62

3500$

Par la suite, j’ai fait la rencontre d’un marchand du nom d’Allan Davies.  Je le connaissais déjà grâce à eBay (OttawaCoins).  Il a travaillé comme collaborateur à la 5ième  édition du Charlton (Canadian Colonial Tokens).  J’étais bien content de pouvoir mettre un visage sur un nom.  Allan avait beaucoup de jetons très intéressants (à un prix raisonnable).

Le marché des jetons est en progression constante.  Les bonnes affaires étaient assez rares car la plupart des marchands demandaient plus cher que le prix du Charlton (qui est seulement âgé de 18 mois).  La plupart des jetons étaient soit très communs ou bien trop dispendieux.  J’ai quand même déniché quelques beaux morceaux mais il fallait être patient et scruter l’inventaire de plusieurs marchands.  Mais ce n’était pas une corvée pour moi car j’en tire un immense plaisir.

Il y avait quelques jetons très rares de disponible.  Un PE-2 à 2000$, un NS-17A2 à 7500$, un LC-17A2 à 1500$.  C’est très intéressant de voir ces pièces même si elles ne sont pas accessibles (pour moi!).

Les gens de Québec étaient bien visibles au CNA.  Nous s’en avons rencontré plus d’une douzaine.

Stéphane Tremblay a été témoin d’un événement qui sort du commun.  Il était en train de parler avec Allan Davies lorsqu’un jeune garçon de 11 ans est venu négocier un jeton de forgeron de type « Ships Colonies & Commerce » au coût de 125$.  C’est très impressionnant qu’un garçon de cet âge puisse posséder les connaissances nécessaires pour collectionner ce type de pièce.  Par la suite, j’ai rencontré ce jeune garçon à la table de Gregory, le garçon avait énormément de questions pour Greg.  C’est plaisant de voir qu’il y a de la relève!

Nous ne pouvions pas manquer l’occasion d’aller visiter (ou revisiter pour certain) le musée de la monnaie.  Étant un collectionneur de jetons coloniaux, je me suis empressé d’aller voir leur collection.  Wow!  Un jeton Molson en argent!  La série complète des Blacksmith, une série complète de jetons « Devins & Bolton » sur des pièces étrangères, ainsi que tous les jetons uniques qui ne sont malheureusement pas disponible pour les collectionneurs.  Ça valait le déplacement.  L’entrée au musée est gratuite et il y en a pour tous les goûts.

La numismatique, c’est bien plus que des bouts de papier et de petites rondelles de métaux que l’on collectionne.  C’est une façon d’apprendre sur notre histoire, de s’instruire sur plusieurs domaines connexes et de faire la rencontre de gens passionnés.

Quoi de neuf sur eBay (mai 2009)

Voici quelques informations au sujet d’une enchère d’un jeton colonial très rare.  C’est un jeton de l’Île-du-Prince-Édouard.  Il porte le numéro PE-4 dans le Charlton Canadian Colonial Tokens.

Voici son histoire selon le Charlton. La gerbe de blé de James Milner a été le premier « halfpenny » frappé et émis à l’île du prince edward.  En 1840, Milner, avec la permission du gouvernement colonial, a importé des coins et des presses des États-unis.  La plupart des spécimens connus sont grossièrement frappés sur des flans de faible qualité.  Ce jeton a été émis dans des conditions misérables, ce qui explique pourquoi si peu ont été émis et pourquoi son équipement a finalement été vendu à la ferraille.

La plupart du temps nous retrouvons ce jeton dans les enchères conventionnelles.  Depuis les 3 dernières années, j’ai vu 4 de ces jetons sur eBay, 1 en très piteux état et 3 en un grade collectionnable.

La chose la plus comique c’est que l’acheteur du dernier PE-4 (celui du présent article) est le vendeur du premier PE-4 que j’ai vu sur eBay il y a 3 ans.  Cet acheteur est Branko Marelic.  Il est l’un des auteurs des livres que je vous ai présenté dans mon article « Ottawa 2008 ».

Branko m’a dit qu’il était un peu déçu lorsqu’il a reçu son jeton.  La photo prise par le vendeur était de piètre qualité, la pièce paraissait rose.  Ce type de jeton est plus difficile à grader à cause de la piètre qualité de l’équipement qui a servi à frapper cette pièce.  Branko le grade F-15, il est tout de même satisfait de son jeton car ils sont loins d’être faciles à trouver.

Ce jeton a été payé 1020£, c’est un prix juste pour la rareté de cette pièce.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, ce jeton montre des détails peu élevés.

Pe-4

Il y a une gerbe de blé du côté de l’avers avec les inscriptions « PRINCE EDWARD’S ISLAND HALFPENNY 1840 ».  Et une charrue, une rosette et l’inscription « COMMERCE & TRADE » du côté du revers.

J’ai demandé à Branko une photo plus détaillée de sa pièce.  Il aurait bien voulu mais son appareil photo est hors d’usage.  Alors nous nous contenterons de la photo (assez médiocre!) prise par le vendeur.

En espérant vous avoir appris quelques choses de nouveau, je vous dis à la prochaine!

Quoi de neuf sur eBay (mars 2009)

Voici 3 jetons.  Le point commun entre ces 3 jetons c’est qu’ils semblent s’être vendu bien trop cher.  Est-ce que les acheteurs sont peu informés ou bien possèdent-ils un budget illimité?

Le premier jeton est un jeton Molson (LC-16).  J’ai communiqué avec le vendeur de cette enchère car il indiquait que le jeton était en argent plaqué cuivre.  Je lui ai dit qu’il était pratiquement impossible que le jeton soit plaqué avec un métal moins noble que le jeton lui-même.  Il existe bien quelques jetons Molson en argent, ils avaient été fabriqués pour fin de présentation (il y en a un à Ottawa au musée de la monnaie).  Les gens plaquaient des jetons de cuivre avec une fine couche d’argent pour les faire passer pour des pièces valant plus cher.

Vous pouvez remarquer sur l’image que le jeton a un gros problème de surface.  Selon moi, le jeton Molson de cette enchère avait été plaqué en argent et a été « décapé » par la suite à l’aide d’un produit décapant.  C’est pour cette raison qu’il semble rester un peu d’argent dans les endroits difficiles à atteindre et que le jeton a une surface très problématique.  Selon moi le jeton s’est vendu bien trop cher pour son apparence générale assez médiocre.   Il s’est vendu 620$ US (mars 2009).

lc-16 laid

Le deuxième jeton est un UC-4A2.  Sur l’avers de ce jeton on retrouve les inscriptions «  NO LABOR NO BREAD » et une personne en train de battre le blé.  Le revers montre une personne poussant une charrue avec 2 bœufs ainsi que les inscriptions « SPEED THE PLOUGH HALFPENNY TOKEN ».  Il y a deux variétés majeures de ce jeton et un « mule » (combinaison d’avers et de revers).  Le « mule » est la variété la plus rare.

Le jeton de l’enchère est un UC-4A2 de grade F-15 et devrait donc valoir 25$.  Ce jeton a été payé 33,18£ plus 1,95£ de frais de transport.  Ce qui donne un prix d’achat de 63,97$.

uc-4a2

Le troisième  est un jeton que je n’avais jamais vu.  On retrouve les inscriptions «  NO LABOR NO BREAD » avec une personne battant le blé d’un côté et une botte de foin, une charrue ainsi qu’un castor de l’autre côté de la pièce.  Le jeton semble être connu de certains acheteurs.  Pour ma part, je me suis dit que si Breton et Courteau ne l’ont pas vu et qu’il n’est pas dans le « Charlton » alors les informations crédibles concernant ce jeton sont alors pratiquement introuvables.  Ce jeton s’est vendu 115,86 $ US (mars 2009).

Stéphane Tremblay écrit se qui suit au sujet de cette pièce : Étant donné le prix atteint par cette « pièce », je ne peux m’empêcher de penser que les enchérisseurs ont cru voir un jeton de forgeron, même si cela ne fait aucun sens. Le style, bien que simpliste, est trop compliqué pour être classé comme tel. De plus, la présence de plusieurs éléments de jetons coloniaux (gerbe de blé, charrue) et de jetons plus tardifs (castor) sur un seul côté me surprend et me fait croire à une éloge des temps coloniaux ou de la période révolue où l’agriculture prédominait. À mon avis nous avons là une pièce de fantaisie fabriquée au cours du vingtième siècle.

Nouvelle information : Ce jeton fut émis par Thomas Church d’Ottawa à la fin du 19e siècle.

ThomasChurch

En conclusion, il faut étudier et bien se documenter pour bien collectionner.  Les personnes possédant les connaissances des pièces et du marché  sauront se démarquer.

 

Quoi de neuf sur eBay (février 2009)

Voici une pièce très intéressante de la série des « Bust & Harp ».

En 1825, des pièces représentant George IV en cuirasse à l’avers et une harpe avec un corps féminin ailé au revers ont étés frappés en Grande-Bretagne.  La provenance de cette commande était canadienne.

Une loi de 1825 interdisait l’importation de jetons privés au Canada.  Par contre, il y avait rien dans cette loi qui interdisait l’importation de jetons portant une date antérieure à 1825.  Alors plusieurs fabricants ont antidaté leurs jetons.  Le jeton 1781 north american token (AM-5) et les jetons « spread eagle » LC-54B à LC-54D en sont quelques exemples.

La presque totalité des jetons « Bust & Harp » sont datés de 1820.  Sauf les 2 exemples suivants (ces deux jetons sont très dispendieux (entre 2000$ et 15000$)) :

  • Le jeton LC-60A1 est daté de 1825 et possède un facteur de rareté R10.
  • Le jeton LC-60A2 est daté de 1820 mais l’ancienne date est encore visible.  Un 0 aurait été poinçonné sur le 5 du « coin » ayant servi pour fabriquer le LC-60A1.  Ce jeton possède aussi un facteur de rareté de R10 selon Courteau.

lc-60a2lc-60a1 2

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