Les jetons de la Compagnie de la Baie d’Hudson

Les découvreurs et les premiers explorateurs du nouveau monde et les colons qui suivirent se rendirent vite compte que les Amérindiens et les Inuits n’avaient que faire de leur argent. Ces derniers voulaient surtout des fusils, de la poudre à fusil, du tabac, des pots, des casseroles, des couvertures de laine et des outils comme des couteaux et des haches. Ils savaient bien sûr utiliser les pierres tranchantes et les morceaux de coquillage mais ils ne duraient pas longtemps. À cette époque, le troc était de mise avec les autochtones.

Le commerce des fourrures est présent depuis aussi longtemps que les gens portent des vêtements. Cependant rien n’aura été comparable au commerce des fourrures tant en Europe au 16e siècle qu’au cours des 17e, 18e et 19e siècles en Amérique. Le castor d’Europe ou castor d’Eurasie (l’Europe et l’Asie ensemble) a été chassé de façon abusive jusqu’à ce que l’espèce soit près de l’extinction en Europe. Des petits groupes ont survécu grâce au développement de la traite des fourrures initié par Champlain au début de la colonisation en Nouvelle-France.

La Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo (1614-1620) fondée par Champlain et la Compagnie de Caen (1620-1621), qui furent forcées de fusionner sous le nom de Compagnie de Montmorency  (1622-1627) en plus de la Compagnie des Cent-Associés (fondée par Richelieu en 1627 et dont Champlain fut le lieutenant de 1629 à 1635) se virent tour à tour attribuées le monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France. Elles établirent des postes de traite dans la vallée et le golfe du Saint-Laurent. Le commerce allait bon train et les castors d’Europe ont pour ainsi dire été sauvés par les castors canadiens, qui a long terme en payèrent le prix.

La chasse et la trappe au castor que pratiquaient les Amérindiens pour leurs besoins personnels s’intensifia avec l’arrivée des premiers postes de traite. Ils le chassaient alors aussi pour se procurer des biens de nécessité en échange, tout comme les explorateurs et les coureurs des bois. De toute évidence l’argent européen était bien inutile à ces gens avides d’aventures et de découvertes. La peau de castor qui prenait de plus en plus de valeur commença ainsi à s’imposer comme standard dans les échanges.

Mais pourquoi le castor était-il tant demandé et avait-il tant de valeur ? À cause du feutre.

Le feutre est un tissu (étoffe) faite de poils d’animaux agglomérés ensemble par pression et ébouillantage. On le fabrique en arrachant et mélangeant d’abord les poils. Par la suite on les presse et on les traite avec des produits chimiques dans un bain d’eau bouillante. Une fois sec, le feutre peut être découpé et taillé. Il a de la valeur car il est imperméable, malléable et n’use pas rapidement.

L’utilisation des fourrures pour faire du feutre a probablement débuté en Asie centrale. On trouva que le feutre durait longtemps et qu’il était fabriqué assez facilement. Les nomades en fabriquaient avec de la fourrure de chèvre, de mouton, de chameau et d’autres animaux pour faire leur tentes.

Le feutre existait déjà chez les Chinois, les Grecs et les Romains de l’Antiquité. Ils utilisaient le feutre comme couverture pour les chariots ou pour rembourrer selles et armures afin de bloquer les flèches : un feutre épais les stoppe plus efficacement que le cuir. Après la fin de l’empire romain au 5e siècle les techniques de sa fabrication se sont perdues en Europe occidentale. Il semble que les croisés les aient ramenées de Constantinople.

L’usage du feutre progressa par la suite de façon remarquable aux 12e et 13e siècles en Europe occidentale où il supplanta les cuirs et les fourrures. Ces derniers, plus chers, n’offraient pas toujours une bonne protection contre la pluie et la neige. Une botte de feutre par exemple, pratiquement imperméable, reste sèche à l’intérieur tandis qu’une botte de cuir glisse et se détrempe dans la neige.

Les Européens chassaient le castor et en consommaient la viande. Ils le chassaient aussi pour une autre raison : le castoréum. Le castoréum est une sécrétion huileuse et odorante produite par des glandes sexuelles du castor situées près de l’anus. Il lui permet de délimiter son territoire et de rendre son pelage imperméable. Cette substance utilisée en médecine et en parfumerie est connue depuis l’Antiquité.

Mais on chassait principalement le castor pour sa fourrure afin de confectionner des gilets et des chapeaux pour l’hiver. Au 17e siècle, une nouvelle mode en Europe, les chapeaux à bordures larges (en feutre de castor) inspirés de ceux portés par les soldats suédois durant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), fit exploser la demande pour les fourrures de castor : les articles à la mode tels ces chapeaux demandent beaucoup de feutre.

Demande qui n’était déjà pas banale : au Moyen Âge et à la Renaissance, les chapeaux en feutre de peau de castor sont déjà très appréciés. En Europe, pour se protéger contre le froid, la pluie et le soleil, rois, reines, courtisants, nobles, et autres portent presque tous un couvre-chef, et ce hiver comme été. En plus de jouer un rôle de protection, le chapeau d’apparat affirme le statut social. Il est devenu par la suite un accessoire de mode à part entière.

Au même moment le castor européen était en voie d’extinction car il avait été surexploité en Europe. Une des meilleures fourrures pour fabriquer le feutre est celle du castor : elle donne un feutre doux et lisse. On dut donc se tourner vers l’Amérique. En raison de la raréfaction de l’espèce, la fourrure de castor prit encore plus de valeur. Le castor était victime de la qualité de ses poils.

La peau de castor s’imposa donc comme standard de monnaie d’échange en Nouvelle-France. Il fut confirmé dans ce rôle avec la venue de la Compagnie de la Baie d’Hudson (depuis 1670) et de la North West Company (1783-1821) qui l’utilisèrent comme unité standard de commerce dans leurs réseaux de postes de traite respectifs. La standardisation fut encore renforcée après la fusion des deux compagnies en 1821 : bien qu’elle variait quelque peu d’une région à l’autre et selon la saison, sa valeur était à peu près la même partout en Amérique du Nord, le réseau s’étendant alors du Labrador au Pacifique et de la Californie aux glaces polaires.

Avant d’aller plus avant, voyons comment se déroulait la chasse au castor sur le nouveau continent.

Les Amérindiens et les trappeurs chassaient le castor pour sa viande et le castoréum. Étant très odorant, ils utilisaient ce dernier pour attirer dans leurs pièges les prédateurs du castor tel que le lynx, le loup, la martre et le carcajou. Chassé bien sûr par-dessus tout pour sa fourrure avec laquelle on alimentait l’insatiable marché européen, le castor canadien a aussi failli disparaître d’Amérique du Nord au 19e siècle !

Il est facile d’avoir une idée de la rafle des animaux à fourrure qui sévissait dans toute l’Amérique du Nord à l’époque. En ce qui a trait au nombre de peaux exportées du Canada, le castor était le plus touché mais certaines années il arrivait deuxième (et parfois troisième) derrière le raton laveur ou le cerf comme le montrent ces statistiques de 1787 : raton laveur (140 346), castor (139 509), cerf (102 656), martre (68 142), loutre (26 330), ours (17 109),  vison (16 951), wapiti (9 816), loup (9 687), renard (8 913) et phoque (125).

En plus de la Grande-Bretagne, ces peaux  étaient exportées en Russie, Prusse, Allemagne, Hollande, Belgique, France, Italie, Turquie, Chine et aux États-Unis. On ne sait pas très bien comment, mais le castor a survécu et aujourd’hui on estime sa population à plus de 10 millions d’individus en Amérique du Nord. Protégé dans la plupart des pays d’Europe, il a fait l’objet de nombreux programmes de réintroduction.

Le commerce des fourrures suivait les saisons. En hiver, la meilleure saison, la fourrure est à son épaisseur maximale et est bien fournie. Une fois la fourrure enlevée elle devait être préparée. Elle devait d’abord être bien tendue sur un cadre de bois ou par terre avec des piquets. L’intérieur de la peau devait être raclé pour enlever toute chair et toute matière grasse.

On l’enduisait ensuite d’une mixture de cervelle cuite ou de foie pour empêcher la peau de se putréfier (arrêt du vieillissement des cellules). Cette étape s’appelle le tannage. Après quelques jours la peau était lavée et étirée encore une fois. Elle était finalement frottée avec une corde tressée serrée jusqu’à ce qu’elle soit sèche et douce.

Au printemps, les peaux de castor étaient envoyées aux manufacturiers en Europe. Les poils les plus gros étaient utilisés pour les couches internes des chapeaux et enduits de vernis pour les imperméabiliser. Les plus petits servaient pour couvrir l’extérieur. La peau elle-même servait à faire des gants, des valises et de la colle. En août et septembre les fourrures étaient transformées en vêtements prêts pour la vente lorsque l’hiver arrivait.

Je crois que nous en savons maintenant assez pour entrer dans le vif du sujet.

Le standard monétaire implanté par les compagnies de traite était le « made beaver » (abréviation MB) qui en français pourrait se traduire par peau de castor préparée. La peau de castor préparée est une peau de castor adulte en parfaite condition (fourrure bien fournie) et prête pour la vente sur les marchés européens. Elle devait préalablement être nettoyée, étirée et convenablement tannée. Il semble que le terme « skin » (peau) ait aussi été utilisé par les trappeurs.

Pour avoir une idée de ce que valait le « made beaver », voici les équivalences de plusieurs marchandises de la North West Company par rapport au « made beaver » :

1 MB = 3/4 de livre de perles colorées 1 MB = 1 1/2 livre de poudre à canon
1 MB = 1 bouilloire en laiton 1 MB = 2 livres de sucre
1 MB = 1 gallon de brandy 1 MB = 2 verges de flanelle
1 MB = 12 douzaines de boutons 1 MB = 1 paire de hauts-de-chausses
1 MB = 1 paire de soulier 1 MB = 20 pierres de silex
1 MB = 8 couteaux 1 MB = 2 paires de lunette
1 MB = 2 hachettes 1 MB = 20 hameçons
1 MB = 1 couverture 4 MB = 1 pistolet
1 MB = 2 chemises 11 MB = 1 mousquet

Nous sommes en droit de nous demander comment le trappeur et l’agent désigné au poste de traite faisaient-ils pour fonctionner en MB. Habituellement, après s’être entendus sur la valeur (en MB) du butin que le trappeur voulait échanger, on s’entendait sur les objets à utiliser pour représenter les unités de cette valeur. Cela pouvait être des bâtonnets, des disques d’ivoire, des balles de mousquet, des épines de porc-épic etc. Certains objets pouvaient désigner des multiples de 10 ou 50 par exemple, si besoin était. L’équivalent de la valeur lui était donc remis.

Ensuite, riche de ses jetons (monnaie d’échange convenue) le trappeur pouvait faire ses achats au petit magasin. Les prix étant tous indiqués en MB, les jetons étaient échangés contre des marchandises et fournitures au fur et à mesure qu’il les choisissait. Mais qu’arrivait-il lorsqu’il ne parvenait pas à utiliser tous ses jetons ? Les conservait-il pour la prochaine fois ? Le commis n’avait d’autre choix que de consigner le montant de crédit dans des livres.

Cependant, cette méthode n’était pas des plus sûres. Par ailleurs, de 1820 à 1870 la Compagnie de la Baie d’Hudson émit son propre papier-monnaie. Imprimés à Londres, les billets dont les coupures étaient en livres sterling furent émis à « York Factory », « Fort Gary » et à « Red River colony ». Ils sont très rares : étant donné qu’ils étaient émis par la compagnie pour utilisation dans ses postes de traite, la grande majorité des billets étaient détruits une fois retirés de la circulation. Nous en savons très peu sur ces derniers.

Une solution au problème de la remise au comptant fut trouvée. S’il n’achetait pas pour l’équivalent de ses fourrures, le trappeur recevrait des jetons pour le manque à gagner. Il pourrait ensuite les utiliser quand bon lui semblerait. Les jetons seraient ni plus ni moins qu’une preuve de note de crédit.

JETONS DU DISTRICT DE EAST MAIN.

East Main District TokensLes premiers jetons officiels de la Compagnie de la Baie d’Hudson sont l’œuvre de George Simpson Mctavish de Fort Albany en 1854. On pense qu’ils furent utilisés à partir de 1857. Ils auraient été frappés à Birmingham et les coins auraient été gravés par Henry Smith. Les coins qui ont servi à les frapper sont conservés dans les archives de la compagnie. En plus de promouvoir la compagnie, ces jetons avaient l’avantage d’être émis en plusieurs dénominations dont 3 en fraction de MB, ce qui permettait de remettre le change.

Faits en laiton (ou cuivre jaune, alliage de cuivre et de zinc) ces jetons ont été frappés pour utilisation dans le district de East Main. Ce district de la compagnie se situait au sud et à l’est de la Baie d’Hudson (Nord de l’Ontario et du Québec). Il y a 4 dénominations : 1 MB (30 mm), 1/2 MB (27 mm), 1/4 MB (24,5 mm) et finalement 1/8 MB (19 mm).

À l’Avers : les armoiries de la compagnie avec la devise PRO PELLE CUTTEM (« A skin for a skin » que l’on peut traduire par « peau pour peau » : les trappeurs risquaient leur peau – leur vie – pour se procurer des peaux).

Au revers : sur 4 lignes, HB (Hudson’s Bay)  /  E  M (East Main)  /  1 (dénomination : 1, 1/2, 1/4 ou 1/8)  /  N  B (pour « Made Beaver », le N au lieu du M est, semble-t-il, une erreur du graveur.

Certains de ces jetons portent la marque circulaire d’un petit poinçon au bas du revers. Pendant plus d’un siècle les numismates croyaient que c’était une marque d’annulation après utilisation. On pense maintenant que c’était pour les distinguer. Ceux avec la marque de poinçon ont été utilisés au poste de Moose Factory.

Dans une lettre datée du 29 avril 1867, James Anderson, agent au poste de Moose Factory, demanda au gouverneur de la compagnie la permission d’utiliser de la monnaie dans son district. La réponse du gouverneur et de son comité (datée du 24 juin) suggéra à la place que les jetons non utilisés du district de East Main soient envoyés sur le champ à Moose Factory. Le 5 septembre Anderson répondait que les jetons reçus faisaient l’affaire et qu’il allait les faire marquer pour les distinguer.

JETONS DU DISTRICT DU LABRADOR.

Labrador district TokensUne autre série de jetons, en aluminium ceux-là, firent leur apparition entre 1914 et 1918. Ils furent émis pour le district du Labrador par un employé de la compagnie, Ralph Parsons. Dès 1909 il avait émis des jetons sous forme de morceaux de métal quelconques marqués avec son nom. Il devint plus tard commissaire du commerce des fourrures. Ces jetons furent utilisés jusque dans les années 1920 avant que ne soit émise la série suivante. On les retrouve en 4 dénominations : 1 MB (21 mm), 5 MB (25 mm), 10 MB (29 mm) et 20 MB (32 mm).

À l’Avers : HUDSON’S BAY COMPANY en grosses lettres sur plus de la moitié du pourtour, LABRADOR DISTRICT sur deux lignes droites dans le bas et la dénomination au centre (1, 5, 10 ou 20) mais pas de MB.

Au revers : pratiquement rien excepté une mince ligne concentrique près du listel

JETONS DU DISTRICT DU SAINT-LAURENT ET LABRADOR.

St-Laurence Labrador distrct Tokens

Les districts du Saint-Laurent et du Labrador furent amalgamés en juin 1922. Suite à cet événement, vers 1923 de nouvelles séries de jetons en aluminium furent introduites. Il y a en effet deux séries de jetons différentes : une avec légendes aux petites lettres et l’autre avec légendes aux grosses lettres. Ces variétés se distinguent aussi par les différents symboles se trouvant au bas de chaque côté. Comme pour la série précédente, ils sont au nombre de 4 dénominations : 1 MB (22 mm), 5 MB (25 et 26 mm), 10 MB (29 mm) and 20 MB (32 mm).

À l’Avers : ST. LAWRENCE LABRADOR DISTRICT sur presque tout le pourtour, à l’intérieur du cercle perlé. La dénomination se trouve au centre (1, 5, 10 ou 20) et M.B. (Made Beaver) en dessous. Les symboles dans le bas varient selon le type. Type avec petites lettres : 1 MB (pas de symbole), 5, 10 et 20 MB (un point entre deux tirets). Type avec grosses lettres : 1 MB (un gros point), 5 MB (un astérisque), 10 MB (trois gros points alignés), 20 MB (un cercle accosté de deux losanges allongés).

Au revers : HUDSON’S BAY COMPANY sur presque tout le pourtour, à l’intérieur d’un cercle perlé. La dénomination se trouve au centre (pas de M.B.). Les symboles dans le bas varient selon le type. Type avec petites lettres : 1 MB (un losange), 5, 10 et 20 MB (un losange dont les coins de chaque côté se terminent par un trait horizontal). Type avec grosses lettres : 1 et 5 MB (un astérisque), 10 MB (trois gros points alignés), 20 MB (un astérisque accosté de deux losanges allongés).

JETONS DE L’ARCTIQUE DE L’EST.

Arctique de est Tokens V0

Une dernière série de jetons en aluminium fut utilisée de 1946 à 1961 ou 1962. Complètement différents des précédents, ils sont frappés sur un seul côté et les motifs sont en creux. Le design est très simple : on y retrouve l’acronyme de la compagnie (les lettres H B C) épousant la forme du pourtour dans le haut et la dénomination plus bas, en gros chiffres. Ils ont été émis en 5 dénominations basées sur le système monétaire décimal canadien actuel, soit 5, 10, 25, 50 et 100 cents (le mot cents n’apparaît pas sur les jetons). Leur diamètre est de 20, 26, 32, 38 et 45 mm respectivement.

One WHite Fox Tokens V0Un jeton carré de 45 mm avec les coins arrondis vient compléter cette série. On trouve les lettres H B C alignées dans le haut et le chiffre 1 au centre en dessous. Il est aussi frappé sur un seul côté avec les motifs en creux. Il valait 1 renard arctique (« white fox » ou « arctic fox »). Le renard arctique était devenu le nouveau standard de commerce dans l’arctique : le marché du castor étant sur le déclin, le renard arctique était plus approprié.

Il semblerait que ces jetons ont été émis pour jouer un rôle d’éducation auprès des esquimaux qui n’étaient pas familier avec le système décimal canadien. Un trappeur amenant ses fourrures au poste de traite recevait l’équivalent de la valeur en jetons carrés (renards arctiques). Ceux-ci étaient ensuite échangés contre les jetons circulaires (en dollar et cents) et le trappeur pouvait ainsi « acheter » (comme on le fait maintenant) les produits qu’il désirait, au lieu de les échanger.

Sources:

  • Wikipedia, source d’information de toute sorte.
  • Le site des Archives du Manitoba.
  • Canadian Medals and Tokens, Calagry Coin Gallery (site Internet).
  • Divers autres sites Internet.
  • Canadian Colonial Tokens, 7th edition, The Charlton Press, 2010.
  • L’encyclopédie Grolier, Édition Uni-Cana, 1954.

Toujours faire ses devoirs

Parfaire nos connaissances dans un domaine aussi spécialisé que la numismatique est primordial.   Ceci pour être en mesure de bien identifier les pièces ainsi que leur valeur.

Le numismate doit se fier uniquement à lui-même et ne pas s’en remettre aux autres.  Il s’informe et contre vérifie les informations obtenues.  Ces informations qu’il aura obtenu par d’autres numismates, sur internet, dans les livres de référence ou tout autre source d’information doit être vérifié.  Des erreurs peuvent apparaître même dans les livres spécialisés.

Les compagnies de gradation et d’enchère peuvent aussi faire des erreurs.

Ce faux jeton de la « north west company » en est un bel exemple.

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Dans la description de l’item s’est inscrit : Il s’agit d’un jeton original de la North West Fur Trade Company datant de 1820.  En fait, le jeton de cette enchère est une copie moderne de celui de 1820.  On le retrouve de temps en temps sur eBay en dessous de 100$.

Voici à quoi ressemble un original de 1820

North West 1820 original

Voici celui de l’enchère

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Voici d’autres exemples de refrappe moderne de ce jeton

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Je plains beaucoup l’acheteur de l’enchère qui n’a pas fait ses devoirs.  3900USD + frais de 702USD + les taxes applicables.  Ça fait beaucoup pour un item qui valait à peine 100$.

Peu importe qu’une compagnie de gradation et/ou une compagnie d’enchère mentionne certaines informations, c’est à vous de valider les faits.  C’est vous qui allez vivre avec les conséquences de vos décisions.

En numismatique et dans bien d’autres domaines, avoir les connaissances c’est le pouvoir.

La Compagnie de la Baie d’Hudson

La Compagnie de la Baie d’Hudson (de son vrai nom actuel Hudson’s Bay Company ou HBC) a été incorporée le 2 mai 1670. La charte royale signée à Whitehall Palace par Charles II roi d’Angleterre (1660-1685) accordait à la compagnie le monopole de la traite des fourrures, de la pêche et des mines en plus d’autres privilèges comme le pouvoir de gouverner avec ses propres lois, de les faire appliquer et d’imposer des peines sur un vaste territoire correspondant à plus du tiers du Canada actuel qui s’étendait même jusque dans le centre Nord des États-Unis, la Terre de Rupert (Rupert’s Land).

Ce Territoire de 3.9 millions de kilomètres carrés, le bassin hydrographique de la Baie d’Hudson, fut défini lors de l’incorporation comme « la région baignée par tous les fleuves et rivières se jetant dans la Baie d’Hudson » et a été nommé ainsi d’après le Prince Rupert, cousin de Charles II. C’est à lui, le 1er gouverneur de la compagnie (1670-1682) et à ses partenaires (les propriétaires de la compagnie) que la charte royale octroyait le monopole de la traite des fourrures.

La charte existe toujours et est aujourd’hui conservée dans les bureaux chefs de la compagnie à Toronto. On peut y lire le premier nom officiel de la compagnie, soit « The Governor and Company of Adventurers of England trading into Hudson’s Bay » (Le Gouverneur et la Compagnie des Aventuriers d’Angleterre trafiquant dans la Baie d’Hudson). La compagnie est la plus vieille corporation en Amérique du Nord et une des plus vieille dans le monde. Il fut un temps où elle fut la plus grande propriétaire de territoire du monde entier.

L’aventure débuta lorsque Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart des Groseilliers, explorateurs français, apprirent de la part des indigènes que le meilleur endroit pour la trappe des castors était une vaste région inexploitée au nord-ouest du Lac Supérieur, et qu’il y avait une mer gelée encore plus loin au nord. Devinant qu’il s’agissait de la Baie d’Hudson, ils pensèrent avec raison que faire le commerce à cet endroit serait plus facile, évitant ainsi de transporter les fourrures loin dans les terres comme le faisait les Français.

Après avoir ramené plus de 100 canoës remplit de fourrures de la région du Lac Supérieur, les deux explorateurs reçurent un accueil des plus consternant de la part du gouverneur de la Nouvelle-France à leur retour dans la colonie en 1660 : n’ayant pas obtenu de permis pour la traite des fourrures au préalable, le précieux butin fut confisqué et ils furent mis à l’amende. Des Groseilliers fut même emprisonné un certain temps. Il retourna en France afin d’obtenir justice et intéresser les autorités françaises à leur projet de développement du commerce des fourrures dans le Nord-Ouest.

Sa tentative échoua. Il partit alors avec Radisson pour Boston, espérant du financement de la part des autorités de la Nouvelle-Angleterre pour leur futur expédition dans la Baie d’Hudson. Autre échec. Ils firent cependant connaissance avec un colonel anglais nommé George Cartwright. Ce dernier trouva avec raison que le plan tenait la route et vers 1665 les amena en Angleterre où le Prince Rupert accepta finalement de les financer. Le 5 juin 1668 ils partirent de Deptford, Angleterre avec 2 navires marchands pris en location par le Prince Rupert.

A bord du Eaglet, commandé par le capitaine William Stannard, Radisson fut forcé de rebrousser chemin vers le port de Plymouth en raison de sévères tempêtes au large des côtes irlandaises. Il semble que l’autre navire, le Nonsuch, commandé par le capitaine Zachariah Gillam et à bord duquel se trouvait Des Groseilliers eût moins de problèmes. Il continua vers l’ouest comme prévu afin d’arriver dans la Baie d’Hudson par le nord. En plus d’être plus courte, cette nouvelle route avait l’avantage d’éviter le fleuve Saint-Laurent contrôlé par les Français.

Après une expédition couronnée de succès à l’hiver de 1668-69 durant laquelle en 1668 ils fondèrent Fort Rupert à l’embouchure de la rivière Rupert (les deux nommés d’après le sponsor de l’aventure), les explorateurs revinrent en Angleterre. La richesse du territoire en fourrures convainquit Charles II de permettre aux deux acolytes et leurs associés de faire concurrence aux français qui détenaient jusque-là le monopole des fourrures en Amérique. C’était là une occasion à ne pas manquer.

En 1673, Moose Factory, un poste de traite situé au sud de la Baie James à environ 11 milles de l’embouchure de la rivière du même nom (Moose River), fut construit. C’était le second poste de traite établi en Amérique du Nord, seulement précédé de Fort Rupert, premier poste de traite et premier magasin de la compagnie. Tous deux furent capturés par les Français en 1686. Ce ne fut pas avant 1776 que la compagnie rétablisse Fort Rupert au même endroit.

Les Français se retirèrent finalement de Moose Factory (renommé Fort St-Louis) et le fort fut détruit en 1696. Un nouveau poste fut établi en 1730 et la compagnie l’opéra jusqu’en 1987, soit lorsque la « Northern Stores Division » de la HBC fut vendue à un groupe d’investisseurs qui la relancèrent dans les années 1990 sous le vieux nom de « North West Company ».

Il est évident que les conflits entre l’Angleterre et la France en Europe donnaient prétexte à des raids de la part des deux nations dans lesquels les belligérants s’échangeaient les forts. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1686-1697) au cours de laquelle plusieurs pays d’Europe faisaient front commun contre la France alors à son apogée en est un bon exemple.

En 1694, avec Pierre Le Moyne d’Iberville, les Français prirent même York Factory (nommé d’après le duc de York et siège social de la compagnie en Amérique du Nord jusqu’en 1957) avant que les Anglais le reprennent l’année suivante. En 1697, après avoir remporté la bataille navale de la Baie d’Hudson en faisant subir la défaite à trois navires de guerre de la « Royal Navy », d’Iberville captura le fort à nouveau.

La paix de Ryswick (1697) fut de courte durée car en 1700, Louis XIV roi de France (1643-1715) accepta le testament de Charles II roi d’Espagne (1665-1700), qui léguait son trône sans héritier à son petit-fils Philippe, duc d’Anjou. Cet événement mena directement à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1713). Elle prit fin avec le traité d’Utrecht (1713) dans lequel l’Acadie est cédée à la Grande-Bretagne, soit l’Angleterre et l’Écosse, royaumes unifiés depuis peu (1707) mais gouvernés par un même souverain depuis 1603.

Le traité d’Utrecht confirme aussi la possession exclusive de la Baie d’Hudson aux Anglais, ainsi que Terre-Neuve. Ces terres ne sont pas cédées par la France : elles ne lui appartenaient pas, bien qu’elle eût arraché des forts dans le Nord et conquis en grande partie l’île de Terre-Neuve dans les années 1690, grâce au talentueux d’Iberville. Colonie anglaise formellement réclamée par Sir Humphrey Gilbert en 1583, Terre-Neuve conserva ce statut jusqu’en 1907 où elle devint un dominion (1907-1949), tout comme le Canada.

Ses avoirs étant sécurisés, pendant 60 ans la compagnie érigea presque exclusivement des postes de traite aux embouchures des rivières les plus importantes se jetant dans la Baie d’Hudson. Le traité de Paris (1763) qui mit fin à la guerre de 7 ans (1756-1763) fit perdre à la France pratiquement toutes ses possessions en Amérique. Cela élimina toute concurrence jusqu’à ce que vers la fin du 18e siècle on vit naître la « North West Company ».

La « North West Company » fut établie à Montréal par des anglophones en 1779. Au tout début, la compagnie n’était qu’une association de marchands montréalais mécontents qui se demandaient bien comment briser le monopole de la « Hudson’s Bay Company » qu’ils contestaient. À l’hiver de 1783-84 la « North West Company » fut véritablement créée et fit surtout sentir sa présence dans ce qui deviendra plus tard l’Ouest canadien.

Les Montréalais organisèrent un système de convoi de canoës réguliers de Montréal vers les plaines de l’Ouest et même jusqu’aux futurs Territoires du Nord-Ouest. Ce faisant, ils construisirent une longue chaîne de postes de traite à travers l’Ouest. Cela a été rendu possible grâce à des explorateurs qui travaillèrent pour le compte de la compagnie dont le plus célèbre est Alexander Mackenzie.

En 1789, espérant trouver le passage du Nord-Ouest vers le Pacifique, Mackenzie descendit jusqu’au bout, (en canoë !) le fleuve qui sera nommé en son honneur. Le plus long du Canada (deuxième en Amérique du Nord), il prend sa source dans le Grand lac des Esclaves et se jette dans la mer de Beaufort, dans L’Océan Arctique.

En 1793 il traversa les terres à travers les Rocheuses vers l’ouest jusqu’à l’Océan Pacifique, qu’il atteignit le 20 juillet. Ce fut la première traversée documentée du continent au nord du Mexique.

Simon Fraser, responsable de toutes les opérations de la compagnie montréalaise à l’ouest des montagnes Rocheuses depuis 1805 (incluant la construction des premiers postes de traite de la région), explora en entier (1808) le fleuve qui plus tard portera son nom, le fleuve Fraser. Le plus long de Colombie-Britannique, il prend sa source dans les Rocheuses et se jette dans le Pacifique à Vancouver.

Les explorations de Fraser sont en partie responsables de l’établissement de la frontière canadienne sur le 49e parallèle à l’ouest des Rocheuses car il fut le premier à y faire ériger des installations permanentes. Le traité de l’Oregon (signé le 15 juin 1846) prolongea jusqu’au Pacifique le tracé de la frontière sur le 49e parallèle nord fixé lors de la Convention de 1818 pour l’Est des Rocheuses. Ce tracé scindait alors en deux la région appelée « Oregon Country » disputée entre le Royaume-Uni (anciennement la Grande Bretagne) et les États-Unis.

Plusieurs canadiens français vinrent travailler pour la « North West Company ». Les autochtones préféraient négocier avec les Français et de façon générale la HBC n’ouvrait ses portes qu’à des Anglais. Leur marché se développa donc très rapidement. La concurrence fut des plus féroce : le commerce ayant diminué, en 1774 la HBC était entrée dans une phase d’expansion dans les terres, vers l’ouest. Les deux compagnies vivaient une intense rivalité qui quelques fois dégénéra jusqu’à la violence et au meurtre.

La tension devint insoutenable et des incidents comme la bataille de la Grenouillère (en anglais, « Seven Oaks Massacre ») qui fit environ 20 morts le 19 juin 1816, menèrent les dirigeants à trouver une solution définitive. La fusion était inévitable. Elle eût lieu en 1821. Le nom de la « North West Company » ne fut pas conservé. Le territoire combiné des compagnies fusionnées fut étendu par une licence. Il atteignait alors l’Océan Arctique au nord et l’Océan Pacifique à l’ouest. La HBC contrôlait donc un immense territoire qui allait du Labrador au Pacifique et de la Californie aux glaces polaires. Son commerce s’étendait sur 7 770 000 km2.

Ajoutant à cela les différentes traditions des deux compagnies, des changements furent requis dans la structure administrative. Le commerce pour l’Amérique du Nord britannique fut divisé en départements, eux-mêmes divisés en districts. Les directeurs des districts se rencontraient annuellement dans des conciles départementaux présidés par le gouverneur de la compagnie en Amérique du Nord. Ils discutaient de stratégies, de déploiement des postes de traite et des hommes, de même que de la logistique requise dans chacun des districts.

Durant les années 1820 et 1830 les trappeurs de la compagnie étaient très impliqués dans l’exploration et le développement du Nord de la Californie. Ils étaient souvent les premiers à explorer ces territoires. Nous sommes à même de constater que les compagnies de traite des fourrures, leurs employés, partenaires et clients ont joué un grand rôle dans le développement et la colonisation du pays.

L’exploration des territoires inconnus, la construction des premiers établissements permanents de même que le développement de petites communautés tout autour (avec l’affluence des personnes impliquées dans le commerce, des agriculteurs et autres) ont conduit les postes de traite à devenir le centre de l’activité économique en plusieurs endroits. Avec l’arrivée du chemin de fer dans le dernier quart du 19e siècle, plusieurs postes de traite de l’Ouest canadien devinrent le noyau de nouveaux villages et petites municipalités. Le réseau des postes de traite éloignés les uns des autres a contribué de manière importante à unifier la nation canadienne.

La compagnie, qui détenait le pays presque en entier a contribué d’une autre façon à en faire ce qu’il est actuellement. En 1869 elle acceptait d’abandonner ses droits territoriaux avec la signature de l’Acte de Cession (Deed of Surrender) qui faisait suite à loi de 1868 sur la Terre de Rupert (Rupert’s Land Act). Cette loi habilitait Sa majesté (la reine Victoria) à accepter sous condition la cession des terres, des droits et des privilèges de la compagnie de la Baie d’Hudson en Amérique du Nord en prévision de l’adhésion du territoire correspondant au Dominion du Canada. Ce qui fut fait en 1870 en échange de 300 000 livres sterling, de droits miniers sur les terres autour des postes de traite et d’une portion fertile de l’Ouest canadien.

Tout cela avait débuté en 1867 lorsque le Dominion du Canada fut formé. Le gouvernement ne voulait pas que les Américains réclament les terres dans l’Ouest et envoya George-Etienne Cartier à Londres pour demander les droits sur la terre de Rupert. Il est pour ma part incompréhensible que la compagnie ait accepté un si petit montant contre des millions de km2 de territoire, même en tenant compte de l’époque.

Il est vrai cependant que le commerce des fourrures était moins florissant. Vers 1840 il avait déjà commencé à diminuer et le castor canadien de même que le bison d’Amérique du Nord étaient presque en voie d’extinction au 19e siècle. La demande pour les peaux de luxe comme le vison et le phoque demeurèrent mais vers 1870 le commerce des fourrures n’était plus une industrie majeure comme autrefois. La compagnie devait se tourner vers d’autres sources de revenus.

Dans les années 1850 déjà, en raison de l’affluence aux postes de traite on voit poindre à l’horizon les magasins à rayons. Chaque poste était pourvu d’un petit magasin dans lequel les trappeurs pouvaient échanger leurs fourrures ou tout simplement acheter les fournitures dont ils avaient besoin. Un poste où passe beaucoup de gens a besoin de quantité de produits que l’on devait placer sur de grandes étagères afin de suffire à la demande. Pour accommoder les clients de toute sorte, la marchandise devint de plus en plus diverse.

Par exemple, durant la fièvre de l’or du fleuve Fraser, la vente de produits alimentaires, d’équipement divers et de licences de prospection (ces dernières à 5$ par personne) fit croître le besoin d’une économie monétaire au lieu d’une économie seulement basée sur l’échange de fourrures et autres commodités. James Douglas, alors agent principal (en anglais, « chief factor ») du département de Columbia, écrivait en 1858 que la farine, le bacon, les haricots, les outils miniers (importés de San Francisco), les couvertures et les vêtements de laine étaient les articles les plus vendus à Fort Langley, et que les ventes oscillaient autour de 1500$ par jour.

Le chiffre d’affaire d’un poste de traite grandissant, le petit magasin se retrouve dans un bâtiment dans lequel il occupe tout l’espace. Il est désigné sous le nom de « saleshop » (magasin général). Vers la fin du 19e siècle la compagnie commença à transformer ses postes de traite en « saleshop ». La vente au détail prenant encore plus d’importance, les magasins sont indépendants des postes de traite et sont bâtis sur des terrains prévus à cet effet. Ainsi naissent les grands magasins à rayons ou « department stores ». Le premier de tous ouvre ses portes à Winnipeg, Manitoba en 1881. Pour la compagnie, c’est le début d’une ère nouvelle.

En 1910, la compagnie entreprit l’expansion et la rénovation de ses magasins de vente au détail. Durant cette période, plusieurs autres grands magasins à rayons seront inaugurés dans l’Ouest canadien : Kamloops (1911), Calgary (1913), Edmonton (1913), Vancouver (1914), Victoria (1921), Saskatoon (1922) et Winnipeg (1926). Beaucoup plus grand et bâtit à un autre endroit que celui de 1881, ce dernier accueillit 50 000 personnes lors de son ouverture le 18 novembre. Jusque dans les années 1960 les magasins à rayons s’appelaient « Hudson’s Bay Company Stores ». En 1965 leur nom fut changé pour « The Bay » (les magasins La Baie que nous connaissons).

De 1670 à 1970 les gouverneurs de la compagnie étaient anglais et basés à Londres. En 1970, lors du 300e anniversaire, le siège social fut transféré de Londres à Winnipeg, ici au Canada. À l’exception de plusieurs milliers d’actionnaires, la compagnie n’a plus de présence au Royaume-Uni et son gouverneur est un canadien. En 1974 la direction centrale déménagea à Toronto, tandis que le siège social demeura à Winnipeg jusqu’en 1990 où il fut déménagé lui aussi dans la Tour Simpsons à Toronto d’où la compagnie opère aujourd’hui.

Les archives de la compagnie, conservées dans les bureaux de Londres depuis ses débuts furent transférées à Winnipeg en 1974 lorsque la compagnie accepta de les prêter à long terme aux Archives du Manitoba. L’accès à cette impressionnante collection fut accordé au public l’année suivante. Contenant des trésors d’information sur approximativement 2 kilomètres linéaires, elles documentent les événements journaliers de près de 500 postes de traite ainsi que les voyages dans l’Atlantique, l’Arctique et vers le Pacifique. Évaluées à près de 60 millions de dollars, la HBC les donna de manière permanente à la province du Manitoba en 1994.

Après qu’elle eût acquis les magasins Zellers en 1978, la compagnie détenait la plus grande chaîne de vente au détail du pays. Acquis par la compagnie en 1979, les magasins Simpsons furent convertis en magasins La Baie une décennie plus tard, soit en 1989 pour ceux de Montréal et 1991 pour ceux de Toronto. De nos jours la « Hudson’s Bay Company » est le nom de la corporation canadienne qui détient les magasins La Baie, Zellers, Home Outfitters (Déco Découverte) et Fields. Elle opère plus de 630 points de vente au détail situés dans chaque province du Canada avec près de 70 000 employés et des revenus de 7,4 milliards de dollars en 2003.

Depuis 2006, pour la première fois de son histoire la HBC appartient à des intérêts américains. Jerry Zucker en fit une compagnie privée en la radiant du TSE après avoir complété l’achat de toutes les actions. À sa mort en 2008, sa veuve Anita Zucker en hérita et devint la première femme gouverneur de la HBC. La même année la compagnie est vendue à NRDC Equity Partners (NRDC), une firme d’investissement privée qui la contrôle via sa société de portefeuille américaine privée, Hudson’s Bay Trading Company (HBTC). Richard A. Baker, président du conseil et chef de la direction, et président et chef de la direction de NRDC en est le gouverneur.

Sources:

  • Le Site officiel de la Compagnie de la Baie d’Hudson.
  • Wikipedia, source d’information de toute sorte.
  • Le site des Archives du Manitoba
  • Le site du ministère de la justice du Canada.
  • Divers autres sites Internet.
  • La chronique du Jeton, Bulletin de la SNQ, décembre 2004.
  • L’encyclopédie Grolier, Édition Uni-Cana, 1954.
  • Le grand Larousse Encyclopédique, Larousse, 1960.