Jeton colonial contrefait (PC-4)

Depuis quelques temps, des contrefaçons de jetons coloniaux canadiens apparaissent sporadiquement sur eBay.  Ils demeurent le temps qu’un ou des collectionneurs les dénoncent à eBay.  Les enchères sont rapidement annulées par eBay.

Ces contrefaçons modernes sont fabriquées dans le but de flouer les collectionneurs.  En tant que collectionneurs, nous nous devons de rester vigilant et de toujours faire nos vérifications.

Vous retrouverez dans cet article :

  • Les différences majeures de l’avers et du revers
  • Les caractéristiques physiques du jeton original et du jeton contrefait
  • Deux exemples d’enchère sur eBay, une légale et une frauduleuse
Avers d’un jeton original et d’un jeton contrefait

Différences majeures Jeton original Jeton contrefait
Plis dans le manteau de l’habitant
Plis sur la jambe droite de l’habitant (celle de gauche sur la pièce)
Le collet de l’habitant
La grosseur des perles sur le pourtour

 

Revers d’un jeton original et d’un jeton contrefait

 

Les différences du côté du revers sont majeures.  Tous les détails sont présents sur la contrefaçon mais ils sont très mal reproduits.

Elle ressemble beaucoup plus à un logo d’un club numismatique qu’à un jeton colonial.  Même un collectionneur novice remarquera rapidement qu’il ne s’agit pas d’une pièce originale.

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Différences majeures Jeton original Jeton contrefait
Le pourtour du bouclier et le lion
La grosseur des vagues
Les détails des rochers sur le cap
Les détails de la poupe du bateau
Les détails de la corne d’abondance
Caractéristiques physiques
Caractéristiques Jeton original Jeton contrefait
Poids 19,5 g 17,5 g
Diamètre 34,5 mm 34 mm
Épaisseur 3 mm 2,5 mm
Tranche Lisse Lisse

 

Différence d’épaisseur entre le jeton original et le jeton contrefait

 

 

Enchère frauduleuse ne mentionnant pas que c’est une reproduction

 

 

Enchère légale mentionnant « Reproduction » (RIPRODUZIONE en italien).  Le prix est aussi en conséquence

 

 

J’ai mis la main sur 3 autres pièces de contrefaçon.  Elle reproduise un LC-17, un NB-1 et un cent 1861 nova scotia.  C’est difficile de comprendre les raisons qui pousse le faussaire à fabriquer des pièces aussi communes (il y a seulement le LC-17 qui n’est pas commun en laiton).

Tel que mentionné déjà dans plusieurs articles, le collectionneur sérieux est responsable de faire ses devoirs.  Il se doit d’être bien documenté et de bien vérifier ce qu’il s’apprête à acheter.

Jeton Thomas Storrow Brown connu sous T.S. Brown ou Jeton à Tommy (Breton 561)

Ce jeton de cuivre fut frappé a Birmingham, Angleterre. Il fut émis en 1832 pour la quincaillerie Brown, situé à Montréal. Il fut très populaire à un moment où la petite monnaie locale était insuffisante.

Ce jeton est fait de cuivre et possède un axe de rotation « médaille ».  Il mesure entre 27.9 et 28.3 mm.  Sa tranche peut être unie (plain) ou striée (reeded).

Avers : outils : faux, bêche, enclume, marteau, tenaille

 

Revers : T.S.BROWN & Co / Importers / Of / Hardwares / Montreal

 

M. Brown naquit au Nouveau-Brunswick en 1803. En 1818, il vient à Montréal où il travaille à la quincaillerie J.T. Barret. Quelques années plus tard soit en 1825, il ouvre sa quincaillerie qui devient l’une des plus achalandée de la ville.

M. Brown fut très actif dans plusieurs sphères.  Il participa à la fondation du journal « Vindicator » où il contribua par des testes d’actualités parfois politiques.  Un des promoteurs de la Banque de la Cité en 1833, un des premiers administrateurs de la Banque du Peuple en 1835.

M. Brown se montra sympathique à Louis-Joseph Papineau, chef des Patriotes au Bas-Canada et il entra comme membre des Fils de la Liberté, mouvement révolutionnaires contre le régime en place.

En novembre 1837, il commande les patriotes à Saint-Charles où il sera défait.  Il se dirigera alors à St-Denis où il s’unit au Docteur Nelson pour remporter une victoire contre l’armée anglaise.

Sa tête fut mise à prix et il s’enfuit aux États-Unis où il fut journaliste en Floride.  L’Amnistie pour les révolutionnaires fut proclamée en 1844 et M. Brown revient au pays.

Il s’occupa d’affaires publiques et il fut président d’une commission gouvernementale au département des affaires publiques.  Il travailla comme bénévole pour le Mouvement de la Tempérance.

Il continua à écrire et il rédigea une histoire sur les chemins de fer Grand Tronc.  M. Brown décéda à Montréal en 1888.

 

Note : Les images proviennent de icollector.com et de Wikipédia.

 

Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Sixième Partie, LC-56A (Breton 1004)

Bonjour, nous voici donc à explorer encore les différences entre certaines variétés qui ne sont pas bien illustrées dans le Charlton.

Encore une fois je dois remercier Timbre-Monnaie de la Capitale pour un accès privilégié à des pièces d’une qualité inouïe, sans compter que comme dans cet article il s’agit de jetons peu aisé à acquérir, et ce, peu importe le grade.

Cette fois je vous démontrerai les différences entre les jetons de 1812 de la compagnie Shaw, Jobson & Co. de Roscoe Mills dans Sheffield en Angleterre. Il s’agit des LC-56A ou Breton 1004. Outre la possible différence dans la composition qui sont cuivre et laiton, deux coins différents ont été utlisés. Ceux du LC-56A1 et A2 sont identiques, l’autre étant pour les LC-56A3 et A4, respectivement Co 20NL, Co 20NL, Co 21NL et Co 22NL.

Malheureusement le Charlton reste simpliste dans la description aidant à démêler ces jetons. Il mentionne que le LC-56A1 et le A3 ont comme différence l’étendard situé en haut à droite au-dessus des voiles qui serait présent ou absent selon le type (voir photos dans le Charlton). Encore une fois après avoir eu à identifier des spécimens en cuivre qui étaient dans un état d’usure très avancée, je dû me résoudre à chercher d’autres indicateurs de distinction.

Je partage donc ici mes trouvailles qui ne le sont pas vraiment puisque encore une fois Courteau était là bien longtemps avant moi comme vous vous en doutiez. Dans son ouvrage The Non-Local Tokens of Canada.qui a été republier dans Canadian Tokens and Medals et en vente sur internet, il mentionne avec raison que les avers sont différents sur les deux variétés. Breton quant à lui n’a rien écrit à ce propos. Pour quelqu’un avec un oeil exercé il sera aisé de voir la différence entre les deux, voir Figure 1 et 2. Néanmoins je vais donner quelques différences ici pour que vous puissiez mieux les trouver.

Figure 1 : L’avers du LC-56A1/2, Co 20NL.

Figure 2 : L’avers du LC-56A3/4, Co 21NL et Co 22NL.

Pour débuter remarquez que le navire est plus gros et plus grossier dans le LC-56A1, voir figure 1. Le LC-56A3, figure 2, quant à lui a une tête relativement ronde avec détails, le LC-56A1 a une toque de cheveux et rarement de détails dans le visage qui sont de toute façon très simplistes si présents. Fait enrichissant, l’impression de la tête dans la pièce laisse souvent une faiblesse correspondante sur le revers dans le bas du bateau un peu à droite du centre juste au-dessus du  niveau de la l’eau. Les menues différences sont trop nombreuses pour être toutes énumérées mais je vais en dire une de plus pour l’avers, la corne d’abondance est finement détaillée pour le LC-56A3 et faite de façon grossière dans le LC-56A1.

Figure 3 : Les revers des LC-56A1 à LC-56A4, Co 22NL, Co 21NL et Co 22NL.

Les revers quant à eux sont bien plus différents que ce qui est illustré dans le Charlton. Bien entendu dans un exemplaire de haut grade la distinction est aisée. Mais dans l’éventualité qu’une marque ce trouve vis-à-vis l’étandard il est toujours bien d’avoir d’autres indicateurs. Voir la figure 3 et 4 pour remarquer que le drapeau n’est pas complètement à l’arrière du bateau dans le LC-56A1 et a des cordages se rendant sur son mât. Le LC-56A3 n’a pas de cordages présents sur sont mât et est plus planté vers l’arrière du bateau, voir la figure 4 pour plus de détails. Les vagues sont différentes aussi, le cordage allant vers l’avant du bateau venant du mât principal, la coque arrière, et encore plus.

Les revers sont excéssivement peu similaires dans les détails et une quantité de ces différences sont visibles dans le cordage. Et ce même à partir des photos du Charlton, notez qu’où coupe le cordage du haut le plus à gauche dans le LC-56A1, il croise le support supérieur de la voile la plus haute. Dans le LC-56A3 il ne passe pas à cet endroit mais coupe un peu le coin supérieur gauche de la même voile.

Pour ceux qui l’avaient noté, le numéro de Courteau pour les LC-56A1/2 est le même dans le Charlton et on peut donc en conclure qu’il n’en avait tout simplement pas vu en cuivre. Il s’agit probablement une erreur du Charlton d’avoir attribué un numéro de Courteau au LC-56A1. En lisant le Canadian Tokens and Medals qui se trouve être une anthologie d’auteurs qui a été édité par A. D. Hoch et publié en 1974, que je recommande d’ailleurs grandement aux amateurs de jetons coloniaux canadiens, on peut y retrouver une publication d’Eugène G. Courteau M. D. qui date de 1924 sur les Jetons Non Locaux du Canada. La publication est en anglais et le titre est le suivant : The Non-Local Tokens of Canada. Je le mentionne puisque le recueil est uniquement disponible en anglais malheureusement.

Également sur ce type de jeton, mais pour les 2 années disponibles, 1812 et 1815,  il y également un petit texte de J. Gibbs, disponible aussi dans le Canadian Tokens and Medals à la page 42, qui en fait la description.

Donc ayant maintenant en main le moyen de parfaitement différencier ces deux variétés à l’aide du revers et de l’avers, j’espère que vous en trouverez en cuivre. Je tiens à mentionner que le LC-56A4 semble plus rare que le prix l’indique dans le Charlton. J’ai trouvé plusieurs LC-56A3 avant de trouver un LC-56A4, j’ai même crû un moment qu’il n’existait pas, un peu comme le LC-48A3. Il faut noter que l’alliage de cette pièce en est un autre qui semble quelque fois entre deux et qu’il n’est pas si aisé de lancer l’affirmation qu’il est en laiton ou en cuivre de manière certaine et définitive. Un peu comme dans le cas du NF-1B2/3. Donc tant que d’autres façons, qui ne seront pas uniquement visuelles se développeront, rien ne changera à ce niveau. Donc gardez votre LC-56A4 si vous en avez  la chance d’en avoir un.

Figure 4 : Les deux drapeaux situés à l’arrière des bateaux. Le LC-56A1/2 à gauche et LC-56A3/4 à droite.

Les deux jetons photographiés pour le bien de cet article ont été vendus à l’encan. À l’ARNC de 2017 de Boucherville lot 451 pour le LC-56A1 qui a terminé au final, incluant la prime, à 1840$. Le LC-56A3 au Torex de Juin 2017 lot 71 qui lui a atteint un surprenant 3835$. Il faut noter que dans ces grades ces variétés sont extrêment rares selon mes recherches et expériences. D’ailleurs les prix réflètent bien une réalité certaine, difficilement trouvables et donc coûteux.

Si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pouvez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com. Mes articles seront également disponibles sur www.lesnumismates.ca.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

Histoire de la traverse Québec-Lévis et du jeton Lauzon

Aujourd’hui lorsque nous avons besoin de traverser à Lévis, on peut y aller en auto par les ponts ou utiliser les traversiers.  On fait le trajet dans quelques minutes.  Avez-vous déjà pensé aux misères et aux traversées dangereuses d’autrefois?

Aux siècles derniers, le seul moyen disponible était le canot.  Les canotiers qui exerçaient ce métier dangereux mettaient en péril leur vie et celle des autres.  Il suffit de penser aux vents, aux courants, aux vagues et même les glaces parfois qui descendaient le fleuve.  Il fallait une bravoure extraordinaire, une habilité certaine pour réussir de tels exploits.

En 1817 le progrès fit de grands pas avec la mise en place d’une première barque à vapeur entre les deux rives.  Avant d’en parler, voici un bref historique de la construction maritime à Québec.

C’est à l’intentant Jean Talon que nous devons la construction maritime.  En effet la construction des premiers navires qui surgirent de nos chantiers, remonte au régime français.  Une grande activité où résonnèrent les bruits des marteaux et le crissement des poulies.

Sous le régime anglais cette activité économique se continue et le commerce prend de plus en plus de la place dans nos activités quotidiennes.  En 1816 des marchands de Québec, de Montréal qui avaient des succursales de leur commerce dans la ville et d’autres citoyens de la pointe de Lévis formèrent une société dans le but de construire un vaisseau à vapeur pour transporter des denrées, des animaux, des voitures et autres objets entre le port de Québec et la rive sud, face à Québec.

Un spécialiste en construction maritimes, John Goudie est chargé de se rendre à New-York afin d’aller visiter les vaisseaux à vapeur et dresser des plans pour le futur vapeur qui sera en service entre Québec et Lévis.  En retour Monsieur Goudie s’engage à fournir sur ses terrains et grèves de la paroisse de St-Roch une place convenable au prix de 75 Louis pour la construction du vapeur.

À l’automne 1816, la construction du navire débute sur les chantiers de M. Goudie près du pont Dorcherter.  L’engin et l’appareil nécessaire pour mouvoir le bateau sont confiés à un autre spécialiste, John Caldwell.  En septembre 1817, le vaisseau est lancé.

Source de la photo http://saint-roch.blogspot.ca/p/les-organisations-de-defense-ouvrieres.html

 

Dans la Gazette de Québec du 2 octobre 1817, on relate la cérémonie.

Dimanche dernier au matin fut lancé au chantier de M Goudie, le beau streamboat Lauzon de 310 tonneaux.  Ses mouvements ont la force de 28 chevaux.  Ayant été lancé lorsque la mer était basse, il s’échoua sur un banc de sable dans la rivière Saint-Charles mais il s’en retira sans avarie à la marée suivante.

Ce petit accident priva quelques messieurs qui y ont quelques intérêts, de faire immédiatement un tour sur ce bateau ainsi qu’ils l’étaient proposé.  Cependant hier, ils montèrent, descendirent et traversèrent le fleuve.

En montant, le bateau eut à opposer un vent fort et une mer forte.  Il alla cependant avec la plus grande facilité dans toutes les directions.  Ses mouvements furent très bien exécutés et il n’y a point de doute qu’il répondra parfaitement au but de sa construction qui sera de naviguer entre le quai de M. Goudie à la basse ville et au quai de Pointe Lévis.  Pour cela, il y a un gouvernail à chacun des bouts, par le moyen desquels, en arrêtant son mouvement de l’avant, on peut le faire aller dans une direction opposée sans revirer.

L’article du journal est explicite, cependant ce n’est qu’au printemps de 1818 que le Lauzon commencera ses traversées régulières.

La barque à vapeur comme on l’appelait maintenant, rendit de fiers services dès sa première année d’opération.  On afficha sur les quais, les heures de départ pour les deux rives et l’on pris soin de garder à bord une pendule que l’on réglait sur l’heure de la ville afin qu’il n’y eut aucun retard.  Deux minutes avant chaque départ, on sonnait le cor afin d’avertir les retardataires.  La traversée prenait de 10 à 15 minutes dépendant des conditions de la mer.

La compagnie, propriétaire du bateau fit frapper en 1821 une pièce nommée jeton en plomb d’une dimension de 25 mm. afin d’éliminer le paiement en argent.  Ces pièces étaient vendues sur les quais et activait le service de la traversée.  L’avers de la pièce illustrait le navire avec son nom et la date 1821 alors qu’au revers l’inscription se lisait : Bon pour huits sols/ Four/pense/token.  Ce jeton est catalogué dans le volume de Pierre-Napoléon Breton au numéro 560 et il est considéré comme rare.

 

En plus de son utilisé commerciale, il est facile d’imaginer que le « Lauzon » eut son petit succès de curiosité car les 3/4 des gens de la ville, n’avaient jamais mis les pieds sur l’autre rive.  Non seulement on voulut visiter la place d’en face mais les plus pauvres firent des économies afin de pouvoir le dimanche se payer le luxe d’une charmante excursion sur le fleuve.

Le premier capitaine fut Michel Lecours dit Barras.  Il se devait de connaitre et d’étudier la force de la vapeur, calculer la vitesse des vents et des courants, surveille les mouvements de son navire afin qu’il n’aille pas se briser sur les quais.  Parfois la communication entre le capitaine et l’ingénieur se faisait difficilement et le bateau récolta quelques bosses énormes sur ses côtés.  Si l’ingénieur stoppait le mécanisme trop tôt, le courant emportait le bateau loin du port avant qu’il puisse remettre l’engin en marche pour aborder le quai avec quelques longues minutes de retard.

Les canotiers de leur côté, regardaient le navice à vapeur comme une sérieuse entrave à leur gagne pain et qualifiaient le bâtiment de « chiennes d’inventions anglaises ».

Également des passagers fortement intéressés par le fonctionement du mécanisme et qui voulaient à tout prix voir tourner l’hélice, se penchaient dangereusement et quelques uns d’entre eux prirent des bains forcés.  Il eut même une noyade et les propriétaires furent forcés d’exercer une surveillance plus étroite.

La traverse eut quelques propriétaires.  En 1824, James McKenzie l’acheta et fit mettre sur les jetons une contremarque « J.McK » puis celle de son associé « J.T » pour John Thompson que vous voyez ici.  Le vapeur « Lauzon » accomplit loyalement sa mission durant 16 ans.  Fatigué, meurtri par les chocs répétés, couvert de blessures sur les côtés, il sombra dans l’anse de Wolfe à l’été 1833.  Il fut renfloué mais il n’était plus en mesure de rendre service.

 

Contremarque de James McKenzie

Contremarque de John Thompson

 

Biblio.: Résumé d’une causerie de Mme Reine Malouin, reproduite dans le bulletin « Quebecensia » numéro de mars-avril 1990.

Les photos des jetons proviennent du site d’enchère www.icollector.com

Quoi de neuf sur eBay (mai 2017)

Une très belle rareté (UC-11) était disponible sur eBay jusqu’à 22:08 le 14 mai 2017.  Cette pièce est rarement disponible sur eBay.  On la retrouve surtout dans les enchères conventionnelles.

Le spécimen dans l’enchère était un très beau VF pour le type mais avec quelques vieilles grafignes sur la bateau du côté de l’avers.  C’est peut-être à cause de ce petit trouble que le prix réalisé est à moins de 45% du prix de liste.  Selon le Charlton (Canadian colonial tokens) 8e édition, le UC-11 en VF vaut 7000$.

 

 

quoi de neuf sur eBay mai 2017

 

Cette pièce est en cuivre et pèse entre 6.4 et 6.5 grammes et son axe de rotation est médaille.  Elle mesure entre 27.2 et 27.6 millimètres.  Sa tranche est « Reeded ».

Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Cinquième Partie

Bonjour, nous voici donc à explorer encore les différences entre certaines variétés qui ne sont pas bien illustrées dans le Charlton.

Cette fois-ci je débute par les remerciements puisque j’ai eu le privilège d’avoir eu un accès à des pièces de hauts grades et à un appareil qui m’a permis de prendre des photos d’une qualité supérieure, comme vous le verrez plus bas. Donc voilà merci à Timbre-Monnaie de la Capitale pour cette permission spéciale.

Je ne me lasserai jamais de mieux préciser certaines différences entre deux variétés qui ont été, dans un passé lointain, bien décrites par de grands numismates et qui pourtant aujourd’hui ne le sont pas dans plusieurs livres contemporains.

Le NS-20B est le sujet de cet article, One penny 1814 de la Nouvelle-Écosse. De façon simplette, selon le Charlton, il s’agit d’une différence dans la date. Malgré le fait que la date est en effet différente, ces variétés sont particulièrement différentes en d’autres endroits, comme vous le verrez sous peu. Notez que les NS-20B1(Wi 1647) et NS-20B2(Wi 1647a) sont identiques sauf pour leurs axes de frappe, je ne mentionnerai à l’avenir que le NS-20B1 pour raccourcir.

Commençons par les esperluettes, le NS-20B1(Co 12) à droite est en boule et celui de gauche, le NS-20B3(Co 13), est plat (voir figure 3). Chose intéressante, je n’avais pas remarqué ce détail avant d’avoir commencé l’écriture de cet article, en effet je n’en avais pas besoin, mais c’est un détail facile à voir et qui aide aisément.

NS-20B ampersand

Figure 1: Esperluettes du NS-20B3 à gauche et du NS-20B1 à droite.

Les têtes des britannias quant à elles sont également très différentes (voir figure 2). Celle du NS-20B3 a une tête plus allongée, son cou est également plus long, remarquez les coiffures aussi qui sont très différentes.

NS-20B tetes

Figure 2: Têtes du NS-20B3 à gauche et du NS-20B1 à droite.

Il est à noter que les avec des NS-20B3 et NS-22 sont faits à partir du même coin, comme mentionné dans le Charlton et qui malheureusement ne précise pas quel NS-20B. Donc outre la date et la rouille plus marquée sur le coin, en voyant les photos complètes des jetons, on se rend compte à quel point c’est tout à fait exact.

Pour terminer voici la figure 3, notez les différences entre les bateaux, le sol, les dates, les ballots de paille pour ne nommer que les plus flagrantes. Encore une fois tant de détails ne sont pas fréquents sur ces jetons, ils sont de grades supérieurs et pas si facilement trouvables tel quel.

NS-20Bpetit

Figure 3: NS-20B3 à gauche et NS-20B1 à droite.

Pour prendre conscience de la qualité des photos elles suivent la fin de l’article l’une après l’autre en bas. Le NS-20B1 avant, suivit du NS-20B3. Vous pouvez les télécharger et ainsi être capable de zoomer au maximum sur ces superbes pièces.

Si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pouvez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

ns-20b1ns-20b3

LC-35 Avez-vous remarqué?

Avez-vous déjà remarqué quelque chose de bizarre sur le dessin du LC-35 dans le Charlton?

Pourquoi donc il y a ces lignes qui ne semblent pas être des parties d’un bouquet de fleur?

LC-35 Charlton

 

J’ai acheté un LC-35A1 le 2 janvier 2016.  Le vendeur indiquait « DOT RARE PUNCH-OVER » dans le titre de son enchère.  J’ai gagné le jeton même si je ne voyais rien de bien clair sur les photos.

 

Lorsque j’ai reçu le jeton je l’ai regardé attentivement.  Mes premières impressions étaient que c’était une surfrappe.  Mais je n’arrivais par à déterminer quelle était le jeton d’origine (host).

Lorsque je regardais le jeton avec une photo inversé je croyais voir les détails d’un jeton de la nouvelle-écosse de la série des chardons (thistle series).

LC-35 Chardon

Mais ce que l’on vois réellement c’est des détails du revers.  Je crois qu’il s’agit d’un « die clash » (coin entrechoqué).

Cette erreur survient lorsqu’il y a une absence de flan entre les 2 coins lors de la frappe.   Cela provoque l’impression d’une empreinte de chaque coin sur la face du coin opposée.

Un « die clash » est très clair sur le jeton NS-3A4.

DieClash

 

Mais ma grande question est pourquoi est-ce que sur le jeton NS-3A4 c’est seulement le mot « token » qui est été « transféré » et non toutes les écritures?

Est-ce que qu’il y avait une pression inégale sur les coins lors de la frappe?

 

Dans le cas du LC-35 peu de détail se sont retrouvé sur les coins opposés.  Aucune trace de l’avers sur le revers.  Même constatation sur le NS-3A4.

 

Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Quatrième Partie

Bonjour, nous voici donc à explorer encore les différences entre certaines variétés qui ne sont pas bien illustrées dans le Charlton.

Cette fois je vais tenter de clairement démontrer les différences entre les deux bustes du LC-58. Sans oublier que je vais brièvement parler de leurs revers. En ne voyant qu’une partie du buste il est possible mais un petit peu plus ardu d’attribuer une variété à cette pièce peu commune mais non rare.

LC-58A Obv

Figure 1: Les avers, le LC-58A1 à gauche et le LC-58A2 à droite.

La seule de ces trois variétés de jetons qui est difficile est bien entendu le LC-58A3 (Co 43NL). On parle également de pratiquement introuvable, donc si vous êtes chanceux et en possédez un, choyez-le. Il s’agit tout simplement d’une mule entre l’avers du LC-58A1 (Co 41NL) et  le revers du LC-58A2 (Co 42NL).

Ce qui rend l’identification de ces variétés plutôt aisée c’est tout simplement que les revers et les avers sont différents, semblables certes mais néanmoins non identiques et je vais vous aider à mieux les reconnaître.

Le buste n’a jamais été identifié avec certitude, McLachlan disait qu’il s’agissait de Papineau mais rien ne soutient cette idée. Courteau a dit possiblement qu’il s’agissait de Robert Peel sans rien apporter pour soutenir cette idée.

Débutons avec une partie située à l’avant du buste (voir Figure 2). La partie choisit inclue le menton qui est double sur le LC-58A1 et pas aussi fortement découpé sur le LC-58A2. Également inclut s’y trouve la cravate, notez comment du vêtement est présent devant la cravate sur le LC-58A1 sur la Figure 2 et absent sur le LC-58A2. Il faut aussi comprendre que ce qu’on voit devant sur le jeton est en fait à gauche sur le buste.

cravate

Figure 2: L’avant des bustes, le LC-58A1 à gauche et le LC-58A2 à droite.

Après mes observations sur les bustes en question je conclus qu’il s’agit du même homme mais avec une version plus flatteuse ou simplement plus jeune pour le LC-58A2, il est intéressant aussi que le LC-58A2 est plus rare et a possiblement été frappé avant le LC-58A1. Vous pouvez remarquer les yeux pochés sur le LC-58A1, les joues bouffies, le nez moins fin et le menton plus généreux (voir Figure 1).

Pour les revers ils sont différents et encore une fois le pouvoir des photos me sauvera beaucoup de mots et d’adjectifs (voir Figure 3). Il est à noter que le LC-58A1 a le même revers que le PE-10-8. Le LC-58A2 est d’un grade particulièrement élevé pour le type. La différence flagrante entre les deux est la rouille sur le coin du LC-58A1 au niveau du lettrage, remarquez le CO de Colonies entre autres, sans oublier le E du même mot.

LC-58A Rev

Figure 3: Les revers, le LC-58A1 à gauche et le LC-58A2 à droite.

Pour la craque sous le buste du LC-58A2, je m’en servais comme indicateur et c’était une erreur. Lorsque je travaillais à identifier une énorme collection pour un gros marchand, j’y ai trouvé un exemplaire qui n’avait pas la craque. Après avoir demandé à d’autres numismates de grandes expériences s’ils avaient déjà vu ça, un seul parmi eux, Christopher Faulkner, me dit qu’il avait déjà vu ça et que c’était peu commun en effet. Le fait que la craque n’y était pas indiquait que le jeton avait été frappé dans les premiers puisque la craque semble être présente sur la quasi-majorité des exemplaires connus.

Une dernière chose qui peut être intéressante à savoir. L’orientation de l’axe de frappe indiquée par le Charlton est inexacte. En effet, l’axe est médaille(↑ ↑) et non monnaie(↑ ↓).

Si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pouvez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Troisième Partie

Bonjour, nous voici donc à explorer encore les différences entre certaines variétés qui ne sont pas bien illustrées dans le Charlton.

Cette fois nous irons à Terre-Neuve pour y explorer les jetons coloniaux les plus facilement trouvables de cette île à l’est du golfe du Saint-Laurent. Les NF-1 des frères Rutherford, qui équivalaient à un demi penny (un sou), mais encore plus précisément ceux de 1846. On y dénombre 3 majeures variétés. L’une avec une étoile qui est présente avec deux différents axes et deux autres avec rosettes.

2 X Obv LArge

Figure 1 : Le NF-1C1 à gauche et le NF-1C2 à droite.

Dans cet article je vais aider à faire la différence entre les deux avec rosettes puisque ce sont celles qui sont les plus difficiles à distinguer l’une de l’autre. Les différences seront ici démontrées en utilisant le revers des jetons. L’étoile et la rosette sont très facilement identifiables puisque même en bas grade on les voit très bien donc je n’ai aucun besoin de vraiment parler de NF-1C3 et NF-1C4.

Ici nous découvrirons que d’autres différences sont présentes. Les sabots seraient longs pour les deux, mais il ne sont pas identiques pour autant. Une différence notable est dans le fait que pour le NF-1C2 le haut de la patte le plus proche de la queue n’est jamais couverte de laine. Il ne faut donc pas confondre ce manque de laine pour de l’usure. Vous pouvez le voir en regardant dans la figure 1.

Le Charlton mentionne que le type de laine du NF-1C2 et NF-1C3/4 sont tous grossiers. Mais je ne suis pas d’accord avec eux, en effet la laine des NF-1C3/4 est grossière mais celle du NF-1C2 ressemble beaucoup à s’y méprendre à celle du NF-1C1. Donc je ne peux comme tel la qualifier de grossière. Vous pouvez le constater dans les figures 1 et 2.

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Figure 2 : Le haut du dos, le NF-1C1 à gauche et le NF-1C2 à droite.

Encore dans la figure 2 on peut rapidement ce rendre compte que les deux types de laine sont vraiment très semblables et elles sont de type que je qualifierai de fine. Un des trucs rapide que j’utilise pour les différencier est le suivant. Sur le NF-1C1 uniquement, on y trouve un endroit à la droite du ruban sur le haut du dos du mouton qui est presque glabre et est facilement visible. Heureusement cet endroit n’est pas dans les premiers à subir les attaques de la friction, mais il n’est pas dans les derniers non plus. Il faut donc d’autres trucs pour confirmer la variété ce trouvant entre vos mains. Notez aussi que les deux ont un agencement totalement différent de laine.

Il est à noter que Courteau a décrit 4 différents types pour le seul NF-1C1, dans le Charlton ils sont amalgamés ensembles. Les autres de cette série ont tous leur propre numéro de Courteau. Donc pour les gens qui adorent les détails il est donc possible de trouver plus de variétés pour ce type.

Un jeton témoin aide grandement d’ailleurs à faire plus aisément la différence entre les deux types analysés dans cet article. Je veux dire un jeton dont vous êtes absolument certains du type. Dans la figure 3 on y trouve mon truc favori. Il s’agit de la patte avant du R, peu importe le R. Le bout de celle du NF-1C1 est retroussée vers le haut, le NF-1C2 ne l’est aucunement.

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Figure 3 : Le revers à environ 1h30 du NF-1C1 à gauche et du NF-1C2 à droite.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la partie historique de ces jetons émis par les frères Rutherford, je recommande la lecture d’un très intéressant article de Ian Maule qui a été publié il y a peu de temps dans le Journal Canadien de Numismatique, en décembre 2016. L’article avait paru auparavant dans le bulletin de la Société Numismatique de London en Septembre 2015 dans le numéro 776.

Si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pouvez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Deuxième Partie

Bonjour, nous voici donc à explorer encore les différences entre certaines variétés qui ne sont pas bien illustrées dans le Charlton.

Dans cet article pour continuer à vous aider nous allons bien définir les LC-10B1 et LC-10B2, deux variétés que très peu d’entre vous possèdent pour deux simples raisons. Elles sont très rares et très chères. Moi-même je n’en possède pas, j’en ai vu quelques fois mais sans jamais pouvoir dire que c’était les miens. Fait intéressant sur ces variétés, les avers et revers sont différents. Souvent entre deux variétés on peut dire qu’elle partage soit l’avers ou bien le revers et ici on ne peut affirmer une telle chose.

(Multiple Selection)

Figure 1 : À gauche l’avers du LC-10B1 de l’encan du printemps 2016 de Monnaie-Timbre de la Capitale, lot 600. À droite l’avers du LC-10B2 de Toronto Coin Expo Spring Sale 2015 par Geoffrey Bell Auction, lot 55.

 

Ci-haut l’avers des deux variétés est visiblement au premier coup d’œil identique. Mais en regardant de plus près on voit plusieurs différences notables qui ne sont pas majeurs mais facilement repérables.

Notez à droite de l’avers l’endroit où le « L » de Montréal arrive par rapport au bas du coin du toit. Le « L » du LC-10B1 est vis-à-vis le coin du toit, tandis que pour le LC-10B2, il est clairement plus bas. Et de l’autre côté de la banque on voit que le « B » de Bank est encore une fois plus haut pour le LC-10B1 que pour le B2, toujours en gardant en tête le coin inférieur du toit.

Beaucoup d’autres choses aident à déterminer quelle variété se trouve sous vos yeux. Mais je ne vais pas toutes les nommer. Je vais néanmoins vous faire remarquer une dernière chose, la hauteur de la cloture. Celle du B1 est plus haute que celle du B2. On le remarque d’avantage sur le côté droit du jeton sous le plus petit des deux arbres. Cet arbre est d’ailleurs plus fourni sur le LC-10B2 que celui du LC-10B1.

Maintenant le revers de ces deux jetons sont différents comme mentionné plus haut, ci-bas nous voyons  encore les même jetons dans le même ordre, soit le LC-10B1 à gauche et le LC-10B2 à droite.

LC-10B Rev

Figure 2 : Revers du LC-10B1 (gauche) et du LC-10B2 (droite).

Les nombreuses différences trouvées lorsque ces deux jetons sont vus côte à côte rendent leur identification facile. Néanmoins on a rarement deux jetons tels que ces deux là entre les mains. Je vais donc vous indiquer quelques petits indices pour accélèrer leurs identifications.

Le castor du LC-10B1 a la tête vers le bas tandis que le LC-10B2 a la tête relevée. Le « B » de Bank est plus proche du feuillage dans le B1 que le B2. Le « T » de Token est entre deux types de feuilles dans le B1 mais au dessus d’un seul dans le B2.

Pour ceux que ça intéresse, ces pièces valent plusieurs milliers de dollars.

Je tiens à remercier Geoffrey Bell Auction et Monnaie-Timbre de la Capitale pour m’avoir donné la permission d’utiliser les photos de leurs encans. Du LC-10B1 de l’encan du printemps 2016 de Monnaie-Timbre de la Capitale, lot 600. Du LC-10B2 de Toronto Coin Expo Spring Sale 2015 par Geoffrey Bell Auction, lot 55.

Si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pouvez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

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