Guide Complémentaire des Jetons Coloniaux Canadiens, Première Partie

Bonjour à vous tous, anciens et nouveaux collectionneurs, ou tout simplement curieux lecteur.

J’écris ce guide qui se fera en plusieurs volets étalés sur des mois voir des années. Il s’agit en fait d’un guide qui se veut un complément du livre non disponible en français publié par Charlton Press qui s’intitule Canadian Colonial Tokens que j’appelerai par la suite le Charlton. Je suis moi-même un nouveau collectionneur et marchand dans ce domaine fascinant et spécialisé qu’est le domaine des jetons coloniaux canadiens. Et comme néophyte j’ai fait face à une réalité étonnante pour des pièces datant parfois de plus de 2 siècles, elles sont mal répertoriées et on y découvre encore de nouvelles variétés.

Comme je ne suis que récemment impliqué sérieusement dans la numismatique, tout est relativement encore assez frais dans ma mémoire, et comme un enfant apprenant les choses de la vie, ce n’est pas toujours facile. Je vais ici essayer de jouer le rôle difficile de parent et d’aider les gens à mieux identifier les jetons qu’ils ont en leur possession et en essayant de le faire le plus simplement possible.

Lorsque j’habitais au Vietnam j’ai enseigné entre autre les sciences dans une langue que les jeunes ne maîtrisaient pas entièrement. Les parents de ces mêmes enfants furent agréablement surpris que je réussissais à faire comprendre des notions à leurs jeunes sans qu’ils ne connaissent cette notion dans leur langue maternelle. Mon but ici est le même, faire comprendre à tous utilisant une méthode simple des détails parfois difficiles à percevoir.

Évidemment si vous ne possédez aucun jeton rentrant dans cette catégorie et que ne prévoyez pas en avoir vous n’aurez aucun intérêt à suivre ce guide puisque celui-ci sera essentiellement des photos avec un texte très court pour simplement mieux comprendre les photos qui se voudront très claires et faciles à voir.

Je tiens à mentionner que j’ai commencé les jetons coloniaux canadiens en même temps que la neuvième édition du livre. Donc au printemps 2015. Ceux qui ont vu l’état de mon livre ont vite compris que les pages du pauvre ouvrage ont vu mes doigts des milliers de fois. Certes j’admets également que je n’en ai pas pris le meilleur des soins. Il ne veut pas dire que je ne l’aime pas, tout au contraire, il est dans un piteux état parce que je l’amène avec moi presque partout. Je songe d’ailleurs à en acheter un autre bientôt puisque j’ai entendu dire que la prochaine édition ne sera pas pour demain.

Avant tout je tiens à mentionner que je ne referai pas le travail déjà fait et illustré par d’autres auteurs pour certaines séries. Je vous recommande si vous le pouvez et le voulez d’acheter ces livres qui m’ont grandement aidés et qui se sont payés d’eux-mêmes. Voici la liste des séries que je ne ferai pas avec les titres des livre et leur(s) auteur(s) :

  1. The Bust and Harp Tokens of Canada par Gregory S. Ingram et Branko Marelic
  2. The Tiffin Tokens of Canada par G. Ingram
  3. The Ships Colonies & Commerce tokens of Colonial Canada par G. Ingram et B. Marelic
  4. The Provincial Penny and Half-Penny Tokens of Nova Scotia – The Thistle Series par Ingram et Marelic
  5. The Wellington Tokens of Colonial Canada par B. Marelic

Le premier concerne tous les LC-60 et 61, incluant également les blacksmith suivant, 4, 5, 8, 34, 35A1 et A2.

Le second est à propos des LC-46, LC-47 et LC-48.

Le troisième détails tous les PE-10, les BL-24 et le BL-26.

Le quatrième quant à lui se base sur les NS-1, 2, 3 et 4.

Le cinquième et dernier explique comment différencier tous les Wellington de WE-1 à WE-15.

Donc excluant toutes les variétés mentionnées plus haut, je vais essayer de mieux détailler en photo toutes les autres qui selon moi ont besoin de plus d’explication.

P.N. Breton était le généraliste et Docteur Eugène Courteau le spécialiste des variétés. En comparaison, Zoell fût le maniaque des cents, Courteau celui des jetons. Courteau fût un maître dans le répertoriage des jetons, son travail est absolument monumental. Peu le savent mais les variétés ont été décrites de façon extensives pour la première fois par cet homme hors norme doté d’une patience et d’un soucis du détails incroyable. Il avait sans aucun doute un sens de l’observation rare. À titre d’exemple il a décrit 319 variétés dans son petit livre de 32 pages qui ne portent que sur la série des St-George et qui se nomment « The St. George copper tokens of the Bank of Upper Canada », ce livre sera d’ailleurs son dernier, publié en 1934. Son travail s’étale sur plus de 27 années, puisque son premier livre a parut en 1907.

Avant de débuter il me faut souligner la patience de Stéphane Tremblay que je considère comme un mentor dans la science des jetons coloniaux canadiens et qui a dû répondre à des centaines de questions et courriels sur une panoplie de sujets, intensément relié aux jetons. Merci Stéphane, je ne dévoilerai pas tout, ne t’en fait pas. Assez parlé, commençons!

Ici-bas ont retrouvent les deux jetons côté avers, à gauche le LC-57A1 et à droite le LC-57A2. Nous verrons quelques différences de ceux-ci dans cet article.

clement-article1-figure1Figure 1 : L’avers des deux variétés de LC-57, le A1 à gauche et le A2 à droite.

Ci-bas ce trouvent les « 82 » des deux variétés de LC-57. Dans le Charlton on notera qu’il ne parle que de la tête, un des trucs faciles pour différencier ces deux variétés sont la façon dont les « 82 » sont écrits. Notez comment dans le LC-57A1 les chiffres sont beaucoup plus beaux que dans le A2. Ces derniers sont faits beaucoup plus grossièrement.

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Figure 2 : Le 82 de 1820 du LC-57, le A1 à gauche et celui du A2 à droite.

La tête également est plus grossière pour le A2, ce que le Charlton mentionne sans pourtant en donner de détails. Sur les photos ici-bas on notera que le A1 a des lauriers dépassant le dessus de sa tête. Ce que le A2 n’a pas, ces lauriers supérieurs ne sont pas relevés mais plutôt aplatis vers l’avant de la tête. De façon générale l’avers et le revers du A1 sont plus beaux que ceux du A2, mais ce n’est pas un indicateur de la variété. Un beau A1 reste relativement rare et n’est pas si facile à trouver.

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Figure 3: Le dessus de la tête du LC-57A1.

clement-article1-figure5Figure 4: Le dessus de la tête du LC-57A2.

Dans les prochains volets de ce guide je vais tenter de faire au moins deux variétés, mais comme celui-ci était le premier et comprenait une introduction volumineuse je vais m’en tenir à seulement une variété.

Également si vous avez des demandes spéciales pour certaines variétés ou tout simplement des commentaires vous pourrez m’en faire part par courriel sur jetonscanada@gmail.com.

Merci de m’avoir lu et à la prochaine.

 

 

Ottawa 2008

Après un petit voyage de 5 heures, en compagnie de 3 autres numismates, la capitale de notre beau grand pays se retrouve enfin sous nos yeux!  Le temps de trouver notre hôtel, nous nous installons confortablement dans nos chambres pour la nuit en vue d’un lendemain rempli de recherches, de trouvailles et de rencontres plus qu’intéressantes.

Après un copieux déjeuner (surtout pour Stéphane Tremblay!!!), nous nous déplaçons vers la salle où se déroule le congrès.  Arrivé à l’entrée, j’ai aperçu Gregory S. Ingram, l’auteur de 4 livres sur les jetons coloniaux.  Gregory écrit aussi des articles dans le Canadian Coin News.  Il était présent pour vendre son nouveau livre : The provincial penny and half-penny tokens of nova scotia (the thistle series).  Stéphane Tremblay connaissait personnellement cet auteur.  Ils ont discuté longuement.  Pour ma part, j’avais été en contact avec le co-auteur de ces livres : Branko Marelic.  Je voulais me procurer la série complète.  Ces livres reprennent les variétés de Courteau,  ils sont extrêmement bien faits et sont agrémentés de photos pour nous aider à bien identifier les variétés.

Le travail de recherche pour le dernier livre est gigantesque.  Ils ont scruté au-delà de 600 pièces au cours  des 15 dernières années et tout près de 3 ans pour écrire le livre.

Liste des livres disponibles dans cette collection.

Livre4 Livre3

Livre2 Livre1

The Tiffin Tokens of Canada (First edition 2004) 45$
The Bust and Harp Tokens of Canada (First edition 2004) 35$
The Ships Colonies & Commerce Tokens of Colonial Canada (First edition 2007) 50$
The Provincial Penny And Half-penny Tokens Of Nova Scotia (The Thistle Series) (First edition 2008) 70$
Des frais de 5$ en sus pour la livraison.

Lorsque l’on connaît le temps de travail pour la recherche et la création d’un tel ouvrage, je crois sincèrement que ces livres sont à un prix très raisonnable.  Les textes de Courteau sont très difficiles à comprendre pour les amateurs étant donné qu’il n’y a pas d’images.  Les livres de cette série valent leur pesant d’or.  Tout le travail de recherche a été fait par les auteurs!

Pour les intéressés, vous pouvez rejoindre Gregory par courriel (ingramgs@shaw.ca) ou par le courrier régulier.

 

Greg Ingram

P.O. Box 1272, Stn ‘M’

Calgary Alberta Canada

T2P 2L2

Pour continuer mon histoire, je laissai donc Stéphane et Gregory à leur discussion fondamentale sur les origines des Tiffin!  Je partis donc comme un jeune garçon en quête d’un trésor.  J’étais tout excité en voyant le nombre de marchands.  Je me sentais comme un moustique dans un camp de nudiste!

J’ai rencontré un marchand du nom de Harry Garrison, il était un marchand et il  désirait prendre sa retraite.  Il avait décidé d’offrir en enchère privée 7 lots incroyables.  Le premier lot était 18 LC-1 (Jeton Îles de la Madeleine) dont les grades variaient entre Good et AU.  Le deuxième lot était 3 jetons Leslie & sons 2 pences (ces pièces ne sont pas faciles à trouver dans le marché d’aujourd’hui).  Le troisième lot était composé de 19 jetons de la Baie d’hudson en laiton.  Le quatrième lot était composé de 18 Anchor Money 1822, les grades variaient entre VF et UNC.  Le cinquième lot était 5 Anchor money 1820 (beaucoup plus rare que les 1822) le grade était « proof ».  Le sixième lot était un « Brockage » d’un cent de Terre-neuve.  Le septième lot était 3 Anchor Money ½ dollar (2 AU58 et 1 MS62).

Voici les prix réalisés :

#Lot Nombre de pièce Description Prix réalisés
1 18 1815 Madalen Island 1p tokens.  Grade from good to AU. 5050$
2 3 2p Leslie & Sons tokens 1100$
3 19 Brass Hudson Bay Beaver Tokens

5 (1/8) 3 (1/4) 5 (1/2) 6(1)

8100$
4 18 1822 British West Indies Anchor Money

6 (1/16) 4 (1/8) 6 (1/4) 2 (1/2).  Grades range from VF to UNC

2310$
5 5 1820 British West Indies Anchor Money Proofs (1/16 1/4 1/4 1/8) 940$
6 1 18XX Newfounland Cent Brockage – Very choice. 400$
7 3 1822 British West Indies Anchor Money

(Plain date) 1/2 Dollar PCGS AU58

(Plain date) 1/2 Dollar PCGS AU58

(2 over 1) 1/2 Dollar NCG MS62

3500$

Par la suite, j’ai fait la rencontre d’un marchand du nom d’Allan Davies.  Je le connaissais déjà grâce à eBay (OttawaCoins).  Il a travaillé comme collaborateur à la 5ième  édition du Charlton (Canadian Colonial Tokens).  J’étais bien content de pouvoir mettre un visage sur un nom.  Allan avait beaucoup de jetons très intéressants (à un prix raisonnable).

Le marché des jetons est en progression constante.  Les bonnes affaires étaient assez rares car la plupart des marchands demandaient plus cher que le prix du Charlton (qui est seulement âgé de 18 mois).  La plupart des jetons étaient soit très communs ou bien trop dispendieux.  J’ai quand même déniché quelques beaux morceaux mais il fallait être patient et scruter l’inventaire de plusieurs marchands.  Mais ce n’était pas une corvée pour moi car j’en tire un immense plaisir.

Il y avait quelques jetons très rares de disponible.  Un PE-2 à 2000$, un NS-17A2 à 7500$, un LC-17A2 à 1500$.  C’est très intéressant de voir ces pièces même si elles ne sont pas accessibles (pour moi!).

Les gens de Québec étaient bien visibles au CNA.  Nous s’en avons rencontré plus d’une douzaine.

Stéphane Tremblay a été témoin d’un événement qui sort du commun.  Il était en train de parler avec Allan Davies lorsqu’un jeune garçon de 11 ans est venu négocier un jeton de forgeron de type « Ships Colonies & Commerce » au coût de 125$.  C’est très impressionnant qu’un garçon de cet âge puisse posséder les connaissances nécessaires pour collectionner ce type de pièce.  Par la suite, j’ai rencontré ce jeune garçon à la table de Gregory, le garçon avait énormément de questions pour Greg.  C’est plaisant de voir qu’il y a de la relève!

Nous ne pouvions pas manquer l’occasion d’aller visiter (ou revisiter pour certain) le musée de la monnaie.  Étant un collectionneur de jetons coloniaux, je me suis empressé d’aller voir leur collection.  Wow!  Un jeton Molson en argent!  La série complète des Blacksmith, une série complète de jetons « Devins & Bolton » sur des pièces étrangères, ainsi que tous les jetons uniques qui ne sont malheureusement pas disponible pour les collectionneurs.  Ça valait le déplacement.  L’entrée au musée est gratuite et il y en a pour tous les goûts.

La numismatique, c’est bien plus que des bouts de papier et de petites rondelles de métaux que l’on collectionne.  C’est une façon d’apprendre sur notre histoire, de s’instruire sur plusieurs domaines connexes et de faire la rencontre de gens passionnés.

Quoi de neuf sur eBay (mai 2009)

Voici quelques informations au sujet d’une enchère d’un jeton colonial très rare.  C’est un jeton de l’Île-du-Prince-Édouard.  Il porte le numéro PE-4 dans le Charlton Canadian Colonial Tokens.

Voici son histoire selon le Charlton. La gerbe de blé de James Milner a été le premier « halfpenny » frappé et émis à l’île du prince edward.  En 1840, Milner, avec la permission du gouvernement colonial, a importé des coins et des presses des États-unis.  La plupart des spécimens connus sont grossièrement frappés sur des flans de faible qualité.  Ce jeton a été émis dans des conditions misérables, ce qui explique pourquoi si peu ont été émis et pourquoi son équipement a finalement été vendu à la ferraille.

La plupart du temps nous retrouvons ce jeton dans les enchères conventionnelles.  Depuis les 3 dernières années, j’ai vu 4 de ces jetons sur eBay, 1 en très piteux état et 3 en un grade collectionnable.

La chose la plus comique c’est que l’acheteur du dernier PE-4 (celui du présent article) est le vendeur du premier PE-4 que j’ai vu sur eBay il y a 3 ans.  Cet acheteur est Branko Marelic.  Il est l’un des auteurs des livres que je vous ai présenté dans mon article « Ottawa 2008 ».

Branko m’a dit qu’il était un peu déçu lorsqu’il a reçu son jeton.  La photo prise par le vendeur était de piètre qualité, la pièce paraissait rose.  Ce type de jeton est plus difficile à grader à cause de la piètre qualité de l’équipement qui a servi à frapper cette pièce.  Branko le grade F-15, il est tout de même satisfait de son jeton car ils sont loins d’être faciles à trouver.

Ce jeton a été payé 1020£, c’est un prix juste pour la rareté de cette pièce.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, ce jeton montre des détails peu élevés.

Pe-4

Il y a une gerbe de blé du côté de l’avers avec les inscriptions « PRINCE EDWARD’S ISLAND HALFPENNY 1840 ».  Et une charrue, une rosette et l’inscription « COMMERCE & TRADE » du côté du revers.

J’ai demandé à Branko une photo plus détaillée de sa pièce.  Il aurait bien voulu mais son appareil photo est hors d’usage.  Alors nous nous contenterons de la photo (assez médiocre!) prise par le vendeur.

En espérant vous avoir appris quelques choses de nouveau, je vous dis à la prochaine!

Quoi de neuf sur eBay (mars 2009)

Voici 3 jetons.  Le point commun entre ces 3 jetons c’est qu’ils semblent s’être vendu bien trop cher.  Est-ce que les acheteurs sont peu informés ou bien possèdent-ils un budget illimité?

Le premier jeton est un jeton Molson (LC-16).  J’ai communiqué avec le vendeur de cette enchère car il indiquait que le jeton était en argent plaqué cuivre.  Je lui ai dit qu’il était pratiquement impossible que le jeton soit plaqué avec un métal moins noble que le jeton lui-même.  Il existe bien quelques jetons Molson en argent, ils avaient été fabriqués pour fin de présentation (il y en a un à Ottawa au musée de la monnaie).  Les gens plaquaient des jetons de cuivre avec une fine couche d’argent pour les faire passer pour des pièces valant plus cher.

Vous pouvez remarquer sur l’image que le jeton a un gros problème de surface.  Selon moi, le jeton Molson de cette enchère avait été plaqué en argent et a été « décapé » par la suite à l’aide d’un produit décapant.  C’est pour cette raison qu’il semble rester un peu d’argent dans les endroits difficiles à atteindre et que le jeton a une surface très problématique.  Selon moi le jeton s’est vendu bien trop cher pour son apparence générale assez médiocre.   Il s’est vendu 620$ US (mars 2009).

lc-16 laid

Le deuxième jeton est un UC-4A2.  Sur l’avers de ce jeton on retrouve les inscriptions «  NO LABOR NO BREAD » et une personne en train de battre le blé.  Le revers montre une personne poussant une charrue avec 2 bœufs ainsi que les inscriptions « SPEED THE PLOUGH HALFPENNY TOKEN ».  Il y a deux variétés majeures de ce jeton et un « mule » (combinaison d’avers et de revers).  Le « mule » est la variété la plus rare.

Le jeton de l’enchère est un UC-4A2 de grade F-15 et devrait donc valoir 25$.  Ce jeton a été payé 33,18£ plus 1,95£ de frais de transport.  Ce qui donne un prix d’achat de 63,97$.

uc-4a2

Le troisième  est un jeton que je n’avais jamais vu.  On retrouve les inscriptions «  NO LABOR NO BREAD » avec une personne battant le blé d’un côté et une botte de foin, une charrue ainsi qu’un castor de l’autre côté de la pièce.  Le jeton semble être connu de certains acheteurs.  Pour ma part, je me suis dit que si Breton et Courteau ne l’ont pas vu et qu’il n’est pas dans le « Charlton » alors les informations crédibles concernant ce jeton sont alors pratiquement introuvables.  Ce jeton s’est vendu 115,86 $ US (mars 2009).

Stéphane Tremblay écrit se qui suit au sujet de cette pièce : Étant donné le prix atteint par cette « pièce », je ne peux m’empêcher de penser que les enchérisseurs ont cru voir un jeton de forgeron, même si cela ne fait aucun sens. Le style, bien que simpliste, est trop compliqué pour être classé comme tel. De plus, la présence de plusieurs éléments de jetons coloniaux (gerbe de blé, charrue) et de jetons plus tardifs (castor) sur un seul côté me surprend et me fait croire à une éloge des temps coloniaux ou de la période révolue où l’agriculture prédominait. À mon avis nous avons là une pièce de fantaisie fabriquée au cours du vingtième siècle.

Nouvelle information : Ce jeton fut émis par Thomas Church d’Ottawa à la fin du 19e siècle.

ThomasChurch

En conclusion, il faut étudier et bien se documenter pour bien collectionner.  Les personnes possédant les connaissances des pièces et du marché  sauront se démarquer.

 

Quoi de neuf sur eBay (février 2009)

Voici une pièce très intéressante de la série des « Bust & Harp ».

En 1825, des pièces représentant George IV en cuirasse à l’avers et une harpe avec un corps féminin ailé au revers ont étés frappés en Grande-Bretagne.  La provenance de cette commande était canadienne.

Une loi de 1825 interdisait l’importation de jetons privés au Canada.  Par contre, il y avait rien dans cette loi qui interdisait l’importation de jetons portant une date antérieure à 1825.  Alors plusieurs fabricants ont antidaté leurs jetons.  Le jeton 1781 north american token (AM-5) et les jetons « spread eagle » LC-54B à LC-54D en sont quelques exemples.

La presque totalité des jetons « Bust & Harp » sont datés de 1820.  Sauf les 2 exemples suivants (ces deux jetons sont très dispendieux (entre 2000$ et 15000$)) :

  • Le jeton LC-60A1 est daté de 1825 et possède un facteur de rareté R10.
  • Le jeton LC-60A2 est daté de 1820 mais l’ancienne date est encore visible.  Un 0 aurait été poinçonné sur le 5 du « coin » ayant servi pour fabriquer le LC-60A1.  Ce jeton possède aussi un facteur de rareté de R10 selon Courteau.

lc-60a2lc-60a1 2

Blacksmith 101

Les « blacksmiths tokens » (« jeton de forgeron ») sont très méconnus des numismates en général.  La plupart des gens ont une idée très vague à leur sujet.  Voici donc un petit aperçu de ces jetons qui font partie de notre histoire.

La première fois que j’ai aperçu ces jetons dans le catalogue Charlton, ma première impression fut : « Ces jetons sont donc bien laids! ».  Ils avaient l’air tous extrêmement usés et je me demandais bien pourquoi ils étaient aussi laids!

Selon McLachlan (un numismate très réputé du 19ième siècle), ce serait un forgeron de Montréal qui serait à l’origine de certains de ces jetons.  Ce forgeron aurait fait ces propres pièces pour pouvoir s’acheter de la boisson.  La fabrication aurait débuté vers l’année 1835.

À cette époque, une pièce de monnaie devait valoir son poids en métal.  Mais comme la pénurie de numéraire faisait rage, des pièces de moindre poids circulaient dans la colonie.  Vous comprendrez que le but principal du faussaire était de faire du profit.  Certains blacksmiths peuvent posséder jusqu’à la moitié moins de métaux que les originaux.  La qualité du métal n’était pas importante pour le faussaire.  C’est pour cette raison que l’on retrouve plusieurs types avec 2 variétés de métaux (laiton ou cuivre).  Comme le laiton (alliage de cuivre et de zinc) était moins coûteux que le cuivre pur alors les profits en étaient augmentés.

La qualité de la présentation visuelle des blacksmiths était volontairement négligée.  Le jeton devait passer pour une vieille pièce usée (anglaise ou irlandaise) qui circulait à cette époque.  Le jeton devait probablement sortir de la presse au grade de VF-20 au mieux.  Certaines pièces étaient surchauffées pour leur donner une apparence plus vieille.

Les types de jetons qui imitent les pièces anglaises ont presque tous une particularité commune.  Les motifs se retrouvent à l’envers par rapport à ceux de l’original.  La raison est simple, le faussaire peu instruit avait gravé directement sa matrice en prenant une pièce originale comme modèle.  Lorsqu’il frappa ses pièces, le motif se retrouva à l’envers par rapport à la pièce originale.

Pour le numismate débutant, la gradation des blacksmiths n’est pas facile.  Tel que mentionné dans le Charlton, la gradation des jetons ne se fait pas de la même manière qu’une pièce décimale.  De même que la gradation d’un type de jeton à l’autre mais ça c’est un autre sujet d’article!

Si vous parlez à des numismates d’expérience qui collectionnent depuis une vingtaine d’années, ils vous diront que dans « leur temps » les blacksmiths étaient disponibles chez beaucoup de marchands et auprès des collectionneurs.  Mais de nos jours, le marché est très différent.  Les blacksmiths sont pratiquement absents des comptoirs des marchands et même des sites Internet de vente aux enchères.  Lorsqu’il y en a de disponible, les prix sont souvent plus hauts que les prix du catalogue Charlton.

Il y a plusieurs « émetteurs » de blacksmith.  C’est pratiquement impossible qu’il y eut un seul fabriquant.  Le style et le genre varient beaucoup d’un blacksmith à l’autre.

La collection des blacksmiths est très intéressante mais très ardue et doit se faire sur une longue période dû à leur facteur de rareté (et à leur facteur de disponibilité!).

Voici quelques types intéressants que j’ai téléchargé du site du Musée de la monnaie.

Le plus commun des Blacksmith,  le Bitit Token (BL-37).

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Imitation d’un jeton de l’Île-du-prince-Edward (PE-10), communément appelé « Ships Colonies & Commerce ».

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Imitation d’un jeton du Bas-Canada (LC-60) communément appelé « Bust and harp ».

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Imitation d’un jeton de la Nouvelle-Écosse.

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Imitation d’un « half-penny » anglais (buste de George II ou George III à l’avers et Britannia au revers).

BL base 1BL base 2

 

Quoi de neuf sur eBay (janvier 2009)

Voici est un « penny » (2 sous) de la « Quebec bank » de 1852 (PC-4).

1108 169.50 1108-2 169.50

C’est un jeton d’un très beau grade.  Ce jeton est relativement commun en bas grade.  D’un côté on retrouve un habitant en tenue traditionnelle hivernale avec l’inscription « PROVINCE DU CANADA DEUX SOUS ».  De l’autre côté, on retrouve la déesse du travail Strenua assise au pied du cap diamant.  C’est en fait le 1er  sceau de la ville de Québec (de 1833 à 1949).  Vous pouvez remarquer un castor (emblème des Canadiens français), une corne d’abondance, le lion britannique (sur le bouclier), une ruche d’abeille, un voilier et l’inscription « QUEBEC BANK TOKEN 1852 ONE PENNY ».  La « Quebec bank » fut en opération de 1818 jusqu’en 1917 où elle fut absorbée par la « Royal Bank of Canada ».  Ce jeton a trouvé preneur pour 169.50 $ US.

Cette pièce vous semblera très ordinaire au premier coup d’œil et peut-être même assez endommagée.

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C’est en fait un jeton contremarqué « Devins & Bolton ».  Vous constaterez que le côté opposé à la contremarque est déformé dû à la contremarque.  Selon le catalogue « Canadian colonial tokens », dans les années 1860 la pharmacie Devins & Bolton (Montréal) avait élaboré un judicieux plan pour faire leur publicité.  Ils contremarquaient des « penny » et des « half-penny » qui leur passaient entre les mains.  Il existe plus de 400 différentes variétés de ces pièces.  Il y a aussi des pièces de tout genre qui ont été contremarqués « Devins & Bolton ».  Au musée de la monnaie (Ottawa) vous pouvez en retrouver sur une grande variété de pièces étrangères.  Selon mon expérience, les plus communes sont celles sur les cents américains.

Ce jeton contremarqué est de type « Ships Colonies & Commerce ».  Ces jetons sont rarement contremarqués « Devins & Bolton ».  J’en ai recensé 3 en l’espace d’environ 2 ans sur eBay.

Par contre, le fait le plus marquant de cette pièce est que le jeton « Ships Colonies & Commerce » est un type « 2 cordages ».  Les « 2 cordages » représentent moins de 1 pièce sur 100 des jetons « Ships Colonies & Commerce ».

Cette pièce unique en son genre s’est vendue 280$US.  C’est un prix juste pour le marché actuel car un « 2 cordages » se vend au moins 100$ et un beau jeton « Devins & Bolton » entre 50$ et 100$.  La possibilité de revoir cette combinaison me semble très improbable.

Identification d’un « 2 cordages ».

2Guys

Quoi de neuf sur eBay (décembre 2008)

Voici un très beau Wellington (WE-3) daté de 1815. 

we3

Cette pièce est très rare en haut grade.  Cette enchère a terminé à plus de 600$ US.  Les détails de Britannia sont superbes!

 

Voici un autre Wellington (WE-11A2) en argent. 

we argent

Cette pièce est très rare en argent tandis que celles en cuivre sont plutôt communes.  Le vendeur en demandait 1500$ et elle n’a pas été vendue.

Ces pièces (celles en cuivre) ont été émises pour être utilisées par l’armée de Wellington au Portugal et en Espagne.  Pendant la guerre avec les Américains (entre 1812 et 1814) des soldats britanniques venus en renfort au Canada, en ont apporté avec eux.  Certaines de ces pièces ont déjà été retrouvées dans des fouilles archéologiques au Canada et des textes d’époques mentionnent très clairement que ces petites pièces circulaient dans la colonie.  Il est dit aussi que ces pièces ont été en partie introduites clandestinement au Canada comme marchandise.

Les jetons coloniaux en argent ne sont pas des « erreurs » d’alliage comme ceux en laiton.  Ces pièces en argent étaient données à des personnes spéciales (probablement des hauts gradés).

Voici un jeton de transport « Montreal & Lachine Railroad » (Breton 530) original de 1847.  

Breton 530jpg

Ce jeton est assez usé mais très collectionnable.  Il a terminé à 390$US.

Ces jetons étaient troués pour pouvoir les enfiler sur une broche lorsqu’ils étaient donné au conducteur!

Il y eu une émission pour commémorer le 100ième anniversaire en 1947, en bonze, en argent et en or.

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