{"id":164,"date":"2016-01-19T03:07:36","date_gmt":"2016-01-19T03:07:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/?p=164"},"modified":"2019-02-09T02:40:06","modified_gmt":"2019-02-09T02:40:06","slug":"matthew-boulton-le-visionnaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/?p=164","title":{"rendered":"Matthew Boulton le visionnaire"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-175 alignleft\" src=\"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Matthew_Boulton_-_Carl_Frederik_von_Breda-242x300.jpg\" alt=\"Matthew_Boulton_-_Carl_Frederik_von_Breda\" width=\"242\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Matthew_Boulton_-_Carl_Frederik_von_Breda-242x300.jpg 242w, http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Matthew_Boulton_-_Carl_Frederik_von_Breda.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 242px) 100vw, 242px\" \/>Intens\u00e9ment ambitieux, visionnaire, ing\u00e9nieux, astucieux, perspicace et intelligent, Matthew Boulton n&rsquo;\u00e9tait pas un inventeur, contrairement \u00e0 son partenaire James Watt mais il \u00e9tait un entrepreneur, un innovateur, un homme aux solutions avant-gardistes et un perfectionniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Matthew Boulton est n\u00e9 \u00e0 Birmingham en 1728. Son p\u00e8re \u00e9tait un fabriquant de jouets sp\u00e9cialis\u00e9 dans la manufacture de boucles et de boutons m\u00e9talliques \u00e0 Snow Hill. En 1749 il devint associ\u00e9 dans l&rsquo;entreprise d\u00e9j\u00e0 florissante de son p\u00e8re. Le jeune Matthew d\u00e9cida qu&rsquo;au lieu de suivre la tradition \u00e9tablie de se sp\u00e9cialiser dans une seule \u00e9tape de la fabrication, il b\u00e2tirait une entreprise assez grande qui engloberait enti\u00e8rement tout le processus de manufacture et dont il ferait lui-m\u00eame la coordination et le marketing. Les locaux de Snow Hill \u00e9tant trop petits pour cette grande ambition, les Boultons achet\u00e8rent Sarehole Mill o\u00f9 ils roul\u00e8rent des feuilles de m\u00e9tal pendant 6 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la mort de son p\u00e8re en 1759 Matthew mena l&rsquo;entreprise seul et 2 ans plus tard il abandonna Sarehole Mill en faveur d&rsquo;une autre fabrique dans un endroit appel\u00e9 Soho. Pour r\u00e9aliser ses plans il d\u00fbt la reconstruire au complet, la transformant en la Soho Manufactory qui en ce temps-l\u00e0 fut la plus c\u00e9l\u00e8bre manufacture du monde. Termin\u00e9e en 1765, elle devint la premi\u00e8re attraction touristique de Birmingham.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-177 alignright\" src=\"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/View_of_the_manufactory_of_Boulton__Fothergill_in_Birmingham_by_Francis_Eginton_1773-300x187.jpg\" alt=\"View_of_the_manufactory_of_Boulton_&amp;_Fothergill_in_Birmingham_by_Francis_Eginton_1773\" width=\"300\" height=\"187\" srcset=\"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/View_of_the_manufactory_of_Boulton__Fothergill_in_Birmingham_by_Francis_Eginton_1773-300x187.jpg 300w, http:\/\/www.lesnumismates.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/View_of_the_manufactory_of_Boulton__Fothergill_in_Birmingham_by_Francis_Eginton_1773.jpg 495w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>S&rsquo;\u00e9levant sur trois \u00e9tages, la Soho Manufactory ne contenait pas que des ateliers de travail mais aussi des bureaux de design, des magasins et des logements pour les travailleurs. \u00c0 son apog\u00e9e il y avait 1000 personnes qui y travaillaient. Contrairement aux autres manufactures qui n&rsquo;\u00e9taient que des ateliers de travail men\u00e9s et poss\u00e9d\u00e9s par diff\u00e9rentes personnes partout dans la ville, Matthew Boulton avait tout regroup\u00e9 sous son \u00e9gide et sous un seul toit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les travailleurs et ouvriers qualifi\u00e9s qu&rsquo;il employait \u00e9taient aussi habiles que ceux des autres manufactures. Le secret de Boulton \u00e9tait d&rsquo;\u00e9quiper ses travailleurs de tous les dispositifs possibles pour sauver du travail, s&rsquo;assurant ainsi qu&rsquo;ils soient plus productifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Boulton se dit qu&rsquo;il pourrait b\u00e2tir sa r\u00e9putation dans la fabrication de bijoux, d&rsquo;argenterie et d&rsquo;objets plaqu\u00e9s de la plus haute qualit\u00e9. Dans ce but il recruta les meilleurs designers and ouvriers qualifi\u00e9s qu&rsquo;il p\u00fbt trouver et il insistait toujours pour que tout ce qui sera produit \u00e0 Soho, bien que vendu \u00e0 bon march\u00e9, devra atteindre la meilleure qualit\u00e9 possible pour le prix. Les nombreux exemples de sa production au mus\u00e9e de la ville de Birmingham sont l\u00e0 pour attester qu&rsquo;il a bel et bien atteint ses buts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame int\u00e9grit\u00e9 s&rsquo;appliquait dans ces relations avec les travailleurs. Il refusait d&#8217;employer les jeunes enfants. Dans les ann\u00e9es 1770 il introduisit quelque chose qui ressemblait \u00e0 une assurance collective: les employ\u00e9s contribuaient 1\/60<sup>e<\/sup> de leur salaire qui en cas de maladie ou de blessure, recevaient jusqu&rsquo;\u00e0 80% du m\u00eame salaire. Il s&rsquo;assurait toujours que les ateliers soient propres, bien \u00e9clair\u00e9s et bien ventil\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1768, Metthew Boulton rencontra James Watt. Il s&rsquo;int\u00e9ressa \u00e0 son invention (la machine \u00e0 vapeur) et vit qu&rsquo;elle pourrait lui servir. En 1772, le partenaire de Watt, John Roebuck, un industriel en faillite c\u00e9da ses parts dans le brevet de Watt \u00e0 Boulton \u00e0 qui il devait 1200 livres sterling. En 1775, apr\u00e8s six ann\u00e9es infructueuses pour faire fonctionner son invention convenablement et voyant que son brevet obtenu en 1769 arrivait \u00e0 terme, Watt pris officiellement Boulton comme associ\u00e9 et gr\u00e2ce aux connaissances de ce dernier en lobbying parlementaire, ils obtinrent l&rsquo;extension du brevet jusqu&rsquo;en 1800, et ce malgr\u00e9 de puissantes oppositions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En moins de deux ans, ils r\u00e9solurent les probl\u00e8mes de design, assembl\u00e8rent les deux premi\u00e8res machines, les install\u00e8rent et les firent fonctionner. Au d\u00e9but la firme Boulton &amp; Watt faisait fabriquer les pi\u00e8ces par des sous-contractants car les capitaux leur manquaient. La premi\u00e8re utilisation de la machine fut l&rsquo;ass\u00e8chement des puits de mines d&rsquo;\u00e9tain. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;extension du brevet, Boulton &amp; Watt avait le monopole de la fabrication de la machine \u00e0 vapeur de Watt jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du si\u00e8cle et il est estim\u00e9 que durant cette p\u00e9riode ils en vendirent 450.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais comment calculer le prix des machines? Selon les exp\u00e9riences men\u00e9es par James Watt avec des chevaux, le travail effectu\u00e9 par un cheval \u00e9quivalait \u00e0 550 livres-pieds par seconde. En convertissant ce nombre en livres-miles par heure, en sachant qu&rsquo;il y a 0,0001893 mile dans un pied et 0.0002777 heure dans une seconde on arrive \u00e0 pr\u00e8s de 375 livres-miles par heure ou pour ainsi dire, l&rsquo;\u00e9quivalent du travail \u00e0 effectuer pour tirer 75 livres \u00e0 5 miles \u00e0 l&rsquo;heure par exemple. Watt appela ce taux de 550 livres-pieds par seconde un HORSEPOWER (nous donnant ainsi le cheval-vapeur!) et s&rsquo;en servit pour \u00e9tablir la puissance ce ses machines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils se dirent que si une machine en particulier \u00e9tait capable de produire, disons, 20 chevaux-vapeur, ils chargeraient \u00e0 l&rsquo;acheteur un tiers de l&rsquo;\u00e9conomie annuelle estim\u00e9e (compar\u00e9e \u00e0 tout ce que 20 chevaux peuvent engendrer comme frais) chaque ann\u00e9e pendant 25 ans. Ce tiers de l&rsquo;\u00e9conomie annuelle fut g\u00e9n\u00e9ralement estim\u00e9 \u00e0 5 livres sterling par cheval-vapeur par ann\u00e9e. C&rsquo;\u00e9tait trop peu: une machine de 4 CV co\u00fbtait 327 livres. \u00c0 20 livres par ann\u00e9e il faut plus de 16 ans pour r\u00e9cup\u00e9rer la mise. Pour les machines plus puissantes ils faisaient mieux: une machine de 50 CV co\u00fbtait 1727 livres et 7 ans suffisaient pour couvrir les frais car ils recevaient dans ce cas 250 livres par ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9alit\u00e9, le cheval-vapeur calcul\u00e9 par Watt est 50 % plus \u00e9lev\u00e9 que le travail qu&rsquo;un cheval moyen peut soutenir durant une journ\u00e9e de labeur: les exp\u00e9riences furent men\u00e9es avec de forts chevaux de trait utilis\u00e9s sur de courtes p\u00e9riodes&#8230; Mais le taux qu&rsquo;il calcula est demeur\u00e9: en Grande Bretagne un cheval vapeur est \u00e9gal \u00e0 33 000 livres-pieds par minute (550 livres-pieds\/seconde X 60 secondes\/minute). En France il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 4500 Kg-m\/min \u2013 un chiffre rond \u00e9gal \u00e0 32 549 livres-pieds par minute (4500 kg-m\/min X 2,20462 livres\/kg X 3,2808 pieds\/m) \u2013 soit 98,63 % de la valeur anglaise. Watt a donc &laquo; invent\u00e9 &raquo; le cheval vapeur et comme vous le savez sans doute, son nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 une unit\u00e9 de puissance \u00e9quivalente au travail de 1 joule par seconde. Une note en passant, le cheval-vapeur vaut 736 W.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Boulton voulait toujours que les machines soient enti\u00e8rement fabriqu\u00e9es dans sa manufacture et il \u00e9tait convaincu qu&rsquo;il y aurait une grande demande pour une machine \u00e0 vapeur qui pourrait produire un mouvement de rotation constant et sugg\u00e9ra que les fabriques de coton du Lancashire serait un bon march\u00e9 \u00e0 exploiter. En 1781 les brevets furent obtenus et la machine \u00e0 vapeur \u00e0 mouvement rotatif fut un succ\u00e8s. Un autre d\u00e9veloppement que Boulton demanda fut un gouvernail de contr\u00f4le de vitesse de machine, ce que Watt con\u00e7\u00fbt en 1788. Petit \u00e0 petit, la firme Boulton &amp; Watt accumula le capital n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1794 les fils des deux hommes furent officiellement admis dans l&rsquo;entreprise. En 1796 une usine de fabrication de machines \u00e0 vapeur fut construite sur Birmingham Canal \u00e0 environ un mile de la manufacture. Baptis\u00e9e The Soho Foundry, au tournant du si\u00e8cle elle avait d\u00e9j\u00e0 produite \u00e0 peu pr\u00e8s 50 machines \u00e0 vapeur. En contraste avec les dures batailles des d\u00e9buts, l&rsquo;entreprise qui continua de progresser jusqu&rsquo;au milieu du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sous la direction de James Watt junior et de Matthew Robinson Boulton fut extr\u00eamement profitable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la toute fin du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle les monnaies britanniques \u00e9taient encore frapp\u00e9es au balancier en utilisant les vieilles m\u00e9thodes de pr\u00e9parations des coins et des flans, et c&rsquo;\u00e9tait sans compter les pauvres contr\u00f4les de qualit\u00e9 qu&rsquo;on exer\u00e7ait. Cela avait pour r\u00e9sultat que m\u00eame des pi\u00e8ces de d\u00e9nomination identiques avaient une apparence et des dimensions diff\u00e9rentes, ce qui laissait le champ libre aux escrocs comme les rogneurs et les faussaires. Les premiers volaient du m\u00e9tal en rognant la tranche, r\u00e9duisant ainsi le diam\u00e8tre des pi\u00e8ces. Cette pratique se faisait en toute impunit\u00e9 car il \u00e9tait presque impossible de d\u00e9tecter une monnaie rogn\u00e9e en raison des diam\u00e8tres variables des pi\u00e8ces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les seconds profitaient de la technologie tr\u00e8s facile \u00e0 copier qu&rsquo;utilisait la Royal Mint: \u00e0 Birmingham les manufacturiers de Boutons de m\u00e9tal et de Jetons de marchands et de publicit\u00e9 en cuivre en faisait usage \u00e0 tous les jours pour gagner l\u00e9galement leur vie. Il semble que cette m\u00eame technologie \u00e9tait autant utilis\u00e9e pour fabriquer des imitations de monnaies de cuivre car les pi\u00e8ces de cuivre semblent avoir \u00e9t\u00e9 sujettes \u00e0 la production de faux par une industrie de masse de la contrefa\u00e7on. Souvent des pi\u00e8ces d&rsquo;\u00e9mission royale \u00e9taient fondues et le m\u00e9tal servait \u00e0 la fabrication d&rsquo;imitations plus minces et de diam\u00e8tre plus ou moins correct, donc de poids inf\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une lettre dat\u00e9e du 14 avril 1789 Matthew Boulton \u00e9crivait \u00e0 Lord Hawkesbury: &laquo; Au cours de mes trajets, j&rsquo;ai observ\u00e9 que je recevais en moyenne deux tiers de fausses pi\u00e8ces de cuivre comme change aux p\u00e9ages, etc. Je crois que le mal augmente de jour en jour car la fausse monnaie est introduite en circulation par la plus petite classe de manufacturiers qui l&rsquo;utilise pour payer une grande partie des salaires des pauvres gens qu&rsquo;ils emploient. &raquo; Ce grave probl\u00e8me \u00e9tait connu de tous: les marchands vendaient leurs produits au double du prix en monnaie contrefaite. Elles \u00e9taient ensuite revendues en \u00c9cosse o\u00f9 le meilleur prix pouvait \u00eatre obtenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir construit la plus grande entreprise de manufacture du monde et avoir \u00e9t\u00e9 partenaire dans la mise au point et la commercialisation de la machine \u00e0 vapeur de Watt, comme si ce n&rsquo;\u00e9tait pas assez, il d\u00e9cida \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 59 ans de se lancer \u00e0 l&rsquo;assaut du probl\u00e8me du rognage et de la contrefa\u00e7on que le gouvernement \u00e9tait incapable de r\u00e9soudre. Comme nous allons le voir, en atteignant son but il inventera la monnaie telle que nous la connaissons aujourd&rsquo;hui. Il savait exactement ce qu&rsquo;il devait faire pour battre les rogneurs et les faussaires: il devait am\u00e9liorer \u00e9norm\u00e9ment le design, les m\u00e9thodes de fabrication et la frappe des monnaies. Chaque pi\u00e8ce devra \u00eatre parfaite, donc toute imperfection conduirait imm\u00e9diatement \u00e0 la d\u00e9tection d&rsquo;une imitation, ce qui signifierait aussi que chaque pi\u00e8ce d&rsquo;une d\u00e9nomination particuli\u00e8re devra avoir EXACTEMENT les m\u00eame dimensions, que ce soit le poids, le diam\u00e8tre et l&rsquo;\u00e9paisseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il recruta alors les meilleurs graveurs de France et d&rsquo;Allemagne. Il am\u00e9liora le processus de fabrication pour avoir un contr\u00f4le de premi\u00e8re qualit\u00e9 et pour couronner le tout, il installa dans une partie de la manufacture, d\u00e8s alors appel\u00e9e la Soho Mint, une batterie de 8 presses pour battre monnaie. Essentielle pour la qualit\u00e9 des monnaies, ces presses devaient avoir la puissance d&rsquo;une machine \u00e0 vapeur de Boulton &amp; Watt pour les actionner. Son syst\u00e8me \u00e9tait tr\u00e8s ing\u00e9nieux: bien que les 8 presses n&rsquo;\u00e9taient actionn\u00e9es que par une seule machine \u00e0 vapeur, chacune d&rsquo;elles pouvait \u00eatre actionn\u00e9e et arr\u00eat\u00e9e ind\u00e9pendamment les unes des autres et calibr\u00e9es en quelques minutes pour frapper de 50 \u00e0 120 pi\u00e8ces \u00e0 la minute, toujours ind\u00e9pendamment de la vitesse des autres presses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les flans \u00e9taient fournis aux presses et les monnaies frapp\u00e9es enlev\u00e9es, automatiquement. Chaque presse n&rsquo;avait besoin que d&rsquo;un seul travailleur pour s&rsquo;en occuper et il n&rsquo;avait que tr\u00e8s peu de choses \u00e0 faire. C&rsquo;\u00e9tait tout le contraire avec les frappes au balancier, au processus long et laborieux: Les flans devaient \u00eatre plac\u00e9s \u00e0 la main par des travailleurs qui devaient ensuite faire descendre la vis (sur laquelle \u00e9tait fix\u00e9 le coin d&rsquo;avers) qu&rsquo;ils devaient lancer \u00e0 bras \u00e0 l&rsquo;aide de la verge qui la surmontait pour produire l&rsquo;impact sur le flan qui reposait sur le coin de revers, en bas. Pour ajouter au pire, les flans souvent mal pr\u00e9par\u00e9s devaient \u00eatre aplatis afin de pouvoir les placer dans l&rsquo;endroit pr\u00e9vu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1791 Boulton r\u00e9ussit \u00e0 obtenir des poids et des dimensions consistants. Trois ans plus tard il introduisit les tranches cannel\u00e9es et lettr\u00e9es, rendant le rognage imm\u00e9diatement d\u00e9tectable, ce qui pourra mettant fin \u00e0 cette pratique. Au cours de la m\u00eame ann\u00e9e une autre innovation fut d&rsquo;inscrire la l\u00e9gende en creux sur une bordure sur\u00e9lev\u00e9e, r\u00e9sultat difficile \u00e0 copier tout en am\u00e9liorant la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;usure du type principal, la bordure en absorbant la plus grande partie. En 1799 il imagina une m\u00e9thode pour produire des pi\u00e8ces avec des tranches \u00e0 rainures en diagonale tr\u00e8s difficiles \u00e0 imiter. Plus de 200 ans plus tard la Royal Mint en a encore a rattraper&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plusieurs ann\u00e9es Boulton pressa le gouvernement anglais de lui permettre de frapper des monnaies pour la circulation domestique r\u00e9guli\u00e8re afin d&rsquo;atteindre son but. En attendant il ne produisait que des jetons et des monnaies pour les colonies \u00e9trang\u00e8res car le gouvernement britannique refusait toujours de frapper toute nouvelle monnaie. Il obtint enfin ce droit par une proclamation dat\u00e9e du 26 juillet 1797 dans laquelle il \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 que &laquo; 45 millions de pi\u00e8ces de cuivre devront \u00eatre frapp\u00e9es, lesquelles devront passer pour 1 penny et d&rsquo;autres pour 2 pence et que chacune des pi\u00e8ces de 1 penny devront peser 1 once avoirdupois et que chacune des pi\u00e8ces de 2 pence devront peser 2 onces avoirdupois, la valeur intrins\u00e8que \u00e9tant aussi proche que possible de la valeur nominale. &raquo;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;id\u00e9al \u00e9lev\u00e9 de Boulton, produire des pi\u00e8ces difficiles \u00e0 imiter convenablement et dans laquelle la valeur de la monnaie serait pratiquement \u00e9gale \u00e0 la valeur intrins\u00e8que du m\u00e9tal qu&rsquo;elle contient se r\u00e9alisa dans la production des magnifiques pi\u00e8ces de 1 penny et de 2 pence en cuivre de 1797, commun\u00e9ment appel\u00e9es roues de charrettes en raison de leurs rebords sur\u00e9lev\u00e9s. Les inscriptions apparaissent en creux dans la bordure sur\u00e9lev\u00e9e pour d\u00e9jouer les faussaires aussi bien que pour r\u00e9duire l&rsquo;usure des l\u00e9gendes. Le 2 pence est impressionnant: 41 mm de diam\u00e8tre et 5 mm d&rsquo;\u00e9paisseur. Son poids variant de 56 \u00e0 58 grammes en fait une des pi\u00e8ces britanniques les plus lourdes jamais produites et la seule pi\u00e8ce pre-d\u00e9cimale (d&rsquo;avant 1971) de sa d\u00e9nomination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces pi\u00e8ces furent les premi\u00e8res pi\u00e8ces britanniques r\u00e9guli\u00e8res frapp\u00e9es avec des presses mon\u00e9taires actionn\u00e9es m\u00e9caniquement. La monnaie moderne \u00e9tait n\u00e9e. Elles sont reconnues comme telles universellement et comme nous l&rsquo;avons vu elles \u00e9taient des merveilles techniques pour l&rsquo;\u00e9poque, bien que le 2 pence \u00e9tait d\u00e9savantageusement lourd et encombrant. Beaucoup furent refondues vers 1800 lorsque le prix du cuivre augmenta. En 1805 la valeur intrins\u00e8que du contenu m\u00e9tallique d\u00e9passait la valeur faciale d&rsquo;environ 30%.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1798 on demanda \u00e0 Boulton de r\u00e9am\u00e9nager la Royal Mint \u00e0 Londres mais des d\u00e9lais bureaucratiques firent en sorte que ce travail demeura inachev\u00e9 \u00e0 sa mort, le 17 ao\u00fbt 1809. En attendant la Soho mint continua de produire des pi\u00e8ces pour la nation: le succ\u00e8s de ses produits conduisit \u00e0 la signature d&rsquo;un contrat pour le halfpenny et le farthing de 1799 et d&rsquo;un autre quelques ann\u00e9es plus tard pour l&rsquo;\u00e9mission de 1806 incluant des pi\u00e8ces de 1 penny. Il semble que vers 1800 il ait invent\u00e9 le travail \u00e0 la cha\u00eene: une bande de m\u00e9tal entrait dans la ligne d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et des pi\u00e8ces de monnaies en sortaient \u00e0 l&rsquo;autre bout. La Royal Mint convertit ses installations pour des presses actionn\u00e9es par des machines \u00e0 vapeur en 1813.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sources:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passages de diff\u00e9rents articles sur Matthew Boulton trouv\u00e9s sur Internet<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encyclopedia Britannica \u2013 London, William Benton, 1961.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allan Hailstone \u2013 Coincraft&rsquo;s 1999 Standard Catalogue of English and UK Coins 1066 to Date. London, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Photos Wikip\u00e9dia<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Intens\u00e9ment ambitieux, visionnaire, ing\u00e9nieux, astucieux, perspicace et intelligent, Matthew Boulton n&rsquo;\u00e9tait pas un inventeur, contrairement \u00e0 son partenaire James Watt mais il \u00e9tait un entrepreneur, un innovateur, un homme aux solutions avant-gardistes et un perfectionniste. Matthew Boulton est n\u00e9 \u00e0 Birmingham en 1728. Son p\u00e8re \u00e9tait un fabriquant de jouets sp\u00e9cialis\u00e9 dans la manufacture de boucles et de boutons m\u00e9talliques<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":175,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[10],"tags":[11,13,12],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/164"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=164"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/164\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1982,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/164\/revisions\/1982"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/175"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}