{"id":198,"date":"2017-08-28T21:47:41","date_gmt":"2017-08-28T21:47:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/?p=198"},"modified":"2019-02-09T02:39:00","modified_gmt":"2019-02-09T02:39:00","slug":"la-compagnie-de-la-baie-dhudson","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/?p=198","title":{"rendered":"La Compagnie de la Baie d\u2019Hudson"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La Compagnie de la Baie d\u2019Hudson (de son vrai nom actuel Hudson\u2019s Bay Company ou HBC) a \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9e le 2 mai 1670. La charte royale sign\u00e9e \u00e0 Whitehall Palace par Charles II roi d\u2019Angleterre (1660-1685) accordait \u00e0 la compagnie le monopole de la traite des fourrures, de la p\u00eache et des mines en plus d&rsquo;autres privil\u00e8ges comme le pouvoir de gouverner avec ses propres lois, de les faire appliquer et d&rsquo;imposer des peines sur un vaste territoire correspondant \u00e0 plus du tiers du Canada actuel qui s&rsquo;\u00e9tendait m\u00eame jusque dans le centre Nord des \u00c9tats-Unis, la Terre de Rupert (Rupert&rsquo;s Land).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce Territoire de 3.9 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s, le bassin hydrographique de la Baie d&rsquo;Hudson, fut d\u00e9fini lors de l&rsquo;incorporation comme &laquo; la r\u00e9gion baign\u00e9e par tous les fleuves et rivi\u00e8res se jetant dans la Baie d&rsquo;Hudson &raquo; et a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ainsi d&rsquo;apr\u00e8s le Prince Rupert, cousin de Charles II. C&rsquo;est \u00e0 lui, le 1<sup>er<\/sup> gouverneur de la compagnie (1670-1682) et \u00e0 ses partenaires (les propri\u00e9taires de la compagnie) que la charte royale octroyait le monopole de la traite des fourrures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La charte existe toujours et est aujourd&rsquo;hui conserv\u00e9e dans les bureaux chefs de la compagnie \u00e0 Toronto. On peut y lire le premier nom officiel de la compagnie, soit &laquo; The Governor and Company of Adventurers of England trading into Hudson\u2019s Bay &raquo; (Le Gouverneur&nbsp;et la Compagnie des Aventuriers d&rsquo;Angleterre trafiquant dans la Baie d&rsquo;Hudson). La compagnie est la plus vieille corporation en Am\u00e9rique du Nord et une des plus vieille dans le monde. Il fut un temps o\u00f9 elle fut la plus grande propri\u00e9taire de territoire du monde entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;aventure d\u00e9buta lorsque Pierre-Esprit Radisson et M\u00e9dard Chouart des Groseilliers, explorateurs fran\u00e7ais, apprirent de la part des indig\u00e8nes que le meilleur endroit pour la trappe des castors \u00e9tait une vaste r\u00e9gion inexploit\u00e9e au nord-ouest du Lac Sup\u00e9rieur, et qu&rsquo;il y avait une mer gel\u00e9e encore plus loin au nord. Devinant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la Baie d&rsquo;Hudson, ils pens\u00e8rent avec raison que faire le commerce \u00e0 cet endroit serait plus facile, \u00e9vitant ainsi de transporter les fourrures loin dans les terres comme le faisait les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir ramen\u00e9 plus de 100 cano\u00ebs remplit de fourrures de la r\u00e9gion du Lac Sup\u00e9rieur, les deux explorateurs re\u00e7urent un accueil des plus consternant de la part du gouverneur de la Nouvelle-France \u00e0 leur retour dans la colonie en 1660 : n&rsquo;ayant pas obtenu de permis pour la traite des fourrures au pr\u00e9alable, le pr\u00e9cieux butin fut confisqu\u00e9 et ils furent mis \u00e0 l&rsquo;amende. Des Groseilliers fut m\u00eame emprisonn\u00e9 un certain temps. Il retourna en France afin d&rsquo;obtenir justice et int\u00e9resser les autorit\u00e9s fran\u00e7aises \u00e0 leur projet de d\u00e9veloppement du commerce des fourrures dans le Nord-Ouest.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa tentative \u00e9choua. Il partit alors avec Radisson pour Boston, esp\u00e9rant du financement de la part des autorit\u00e9s de la Nouvelle-Angleterre pour leur futur exp\u00e9dition dans la Baie d&rsquo;Hudson. Autre \u00e9chec. Ils firent cependant connaissance avec un colonel anglais nomm\u00e9 George Cartwright. Ce dernier trouva avec raison que le plan tenait la route et vers 1665 les amena en Angleterre o\u00f9 le Prince Rupert accepta finalement de les financer. Le 5 juin 1668 ils partirent de Deptford, Angleterre avec 2 navires marchands pris en location par le Prince Rupert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A bord du Eaglet, command\u00e9 par le capitaine William Stannard, Radisson fut forc\u00e9 de rebrousser chemin vers le port de Plymouth en raison de s\u00e9v\u00e8res temp\u00eates au large des c\u00f4tes irlandaises. Il semble que l&rsquo;autre navire, le Nonsuch, command\u00e9 par le capitaine Zachariah Gillam et \u00e0 bord duquel se trouvait Des Groseilliers e\u00fbt moins de probl\u00e8mes. Il continua vers l&rsquo;ouest comme pr\u00e9vu afin d&rsquo;arriver dans la Baie d&rsquo;Hudson par le nord. En plus d&rsquo;\u00eatre plus courte, cette nouvelle route avait l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00e9viter le fleuve Saint-Laurent contr\u00f4l\u00e9 par les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une exp\u00e9dition couronn\u00e9e de succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;hiver de 1668-69 durant laquelle en 1668 ils fond\u00e8rent Fort Rupert \u00e0 l&#8217;embouchure de la rivi\u00e8re Rupert (les deux nomm\u00e9s d&rsquo;apr\u00e8s le sponsor de l&rsquo;aventure), les explorateurs revinrent en Angleterre. La richesse du territoire en fourrures convainquit Charles II de permettre aux deux acolytes et leurs associ\u00e9s de faire concurrence aux fran\u00e7ais qui d\u00e9tenaient jusque-l\u00e0 le monopole des fourrures en Am\u00e9rique. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 une occasion \u00e0 ne pas manquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1673, Moose Factory, un poste de traite situ\u00e9 au sud de la Baie James \u00e0 environ 11 milles de l&#8217;embouchure de la rivi\u00e8re du m\u00eame nom (Moose River), fut construit. C&rsquo;\u00e9tait le second poste de traite \u00e9tabli en Am\u00e9rique du Nord, seulement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de Fort Rupert, premier poste de traite et premier magasin de la compagnie. Tous deux furent captur\u00e9s par les Fran\u00e7ais en 1686. Ce ne fut pas avant 1776 que la compagnie r\u00e9tablisse Fort Rupert au m\u00eame endroit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Fran\u00e7ais se retir\u00e8rent finalement de Moose Factory (renomm\u00e9 Fort St-Louis) et le fort fut d\u00e9truit en 1696. Un nouveau poste fut \u00e9tabli en 1730 et la compagnie l&rsquo;op\u00e9ra jusqu&rsquo;en 1987, soit lorsque la &laquo; Northern Stores Division &raquo; de la HBC fut vendue \u00e0 un groupe d&rsquo;investisseurs qui la relanc\u00e8rent dans les ann\u00e9es 1990 sous le vieux nom de &laquo; North West Company &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9vident que les conflits entre l&rsquo;Angleterre et la France en Europe donnaient pr\u00e9texte \u00e0 des raids de la part des deux nations dans lesquels les bellig\u00e9rants s&rsquo;\u00e9changeaient les forts. La guerre de la Ligue d&rsquo;Augsbourg (1686-1697) au cours de laquelle plusieurs pays d&rsquo;Europe faisaient front commun contre la France alors \u00e0 son apog\u00e9e en est un bon exemple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1694, avec Pierre Le Moyne d&rsquo;Iberville, les Fran\u00e7ais prirent m\u00eame York Factory (nomm\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s le duc de York et si\u00e8ge social de la compagnie en Am\u00e9rique du Nord jusqu&rsquo;en 1957) avant que les Anglais le reprennent l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En 1697, apr\u00e8s avoir remport\u00e9 la bataille navale de la Baie d&rsquo;Hudson en faisant subir la d\u00e9faite \u00e0 trois navires de guerre de la &laquo; Royal Navy &raquo;, d&rsquo;Iberville captura le fort \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La paix de Ryswick (1697) fut de courte dur\u00e9e car en 1700, Louis XIV roi de France (1643-1715) accepta le testament de Charles II roi d&rsquo;Espagne (1665-1700), qui l\u00e9guait son tr\u00f4ne sans h\u00e9ritier \u00e0 son petit-fils Philippe, duc d&rsquo;Anjou. Cet \u00e9v\u00e9nement mena directement \u00e0 la guerre de Succession d&rsquo;Espagne (1701-1713). Elle prit fin avec le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht (1713) dans lequel l&rsquo;Acadie est c\u00e9d\u00e9e \u00e0 la Grande-Bretagne, soit l&rsquo;Angleterre et l&rsquo;\u00c9cosse, royaumes unifi\u00e9s depuis peu (1707) mais gouvern\u00e9s par un m\u00eame souverain depuis 1603.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht confirme aussi la possession exclusive de la Baie d&rsquo;Hudson aux Anglais, ainsi que Terre-Neuve. Ces terres ne sont pas c\u00e9d\u00e9es par la France : elles ne lui appartenaient pas, bien qu&rsquo;elle e\u00fbt arrach\u00e9 des forts dans le Nord et conquis en grande partie l&rsquo;\u00eele de Terre-Neuve dans les ann\u00e9es 1690, gr\u00e2ce au talentueux d&rsquo;Iberville. Colonie anglaise formellement r\u00e9clam\u00e9e par Sir Humphrey Gilbert en 1583, Terre-Neuve conserva ce statut jusqu&rsquo;en 1907 o\u00f9 elle devint un dominion (1907-1949), tout comme le Canada.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses avoirs \u00e9tant s\u00e9curis\u00e9s, pendant 60 ans la compagnie \u00e9rigea presque exclusivement des postes de traite aux embouchures des rivi\u00e8res les plus importantes se jetant dans la Baie d&rsquo;Hudson. Le trait\u00e9 de Paris (1763) qui mit fin \u00e0 la guerre de 7 ans (1756-1763) fit perdre \u00e0 la France pratiquement toutes ses possessions en Am\u00e9rique. Cela \u00e9limina toute concurrence jusqu&rsquo;\u00e0 ce que vers la fin du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle on vit na\u00eetre la &laquo; North West Company &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La &laquo; North West Company &raquo; fut \u00e9tablie \u00e0 Montr\u00e9al par des anglophones en 1779. Au tout d\u00e9but, la compagnie n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une association de marchands montr\u00e9alais m\u00e9contents qui se demandaient bien comment briser le monopole de la &laquo; Hudson&rsquo;s Bay Company &raquo; qu&rsquo;ils contestaient. \u00c0 l&rsquo;hiver de 1783-84 la &laquo; North West Company &raquo; fut v\u00e9ritablement cr\u00e9\u00e9e et fit surtout sentir sa pr\u00e9sence dans ce qui deviendra plus tard l&rsquo;Ouest canadien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Montr\u00e9alais organis\u00e8rent un syst\u00e8me de convoi de cano\u00ebs r\u00e9guliers de Montr\u00e9al vers les plaines de l&rsquo;Ouest et m\u00eame jusqu&rsquo;aux futurs Territoires du Nord-Ouest. Ce faisant, ils construisirent une longue cha\u00eene de postes de traite \u00e0 travers l&rsquo;Ouest. Cela a \u00e9t\u00e9 rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 des explorateurs qui travaill\u00e8rent pour le compte de la compagnie dont le plus c\u00e9l\u00e8bre est Alexander Mackenzie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1789, esp\u00e9rant trouver le passage du Nord-Ouest vers le Pacifique, Mackenzie descendit jusqu&rsquo;au bout, (en cano\u00eb !) le fleuve qui sera nomm\u00e9 en son honneur. Le plus long du Canada (deuxi\u00e8me en Am\u00e9rique du Nord), il prend sa source dans le Grand lac des Esclaves et se jette dans la mer de Beaufort, dans L&rsquo;Oc\u00e9an Arctique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1793 il traversa les terres \u00e0 travers les Rocheuses vers l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Oc\u00e9an Pacifique, qu&rsquo;il atteignit le 20 juillet. Ce fut la premi\u00e8re travers\u00e9e document\u00e9e du continent au nord du Mexique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Simon Fraser, responsable de toutes les op\u00e9rations de la compagnie montr\u00e9alaise \u00e0 l&rsquo;ouest des montagnes Rocheuses depuis 1805 (incluant la construction des premiers postes de traite de la r\u00e9gion), explora en entier (1808) le fleuve qui plus tard portera son nom, le fleuve Fraser. Le plus long de Colombie-Britannique, il prend sa source dans les Rocheuses et se jette dans le Pacifique \u00e0 Vancouver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les explorations de Fraser sont en partie responsables de l&rsquo;\u00e9tablissement de la fronti\u00e8re canadienne sur le 49<sup>e<\/sup> parall\u00e8le \u00e0 l&rsquo;ouest des Rocheuses car il fut le premier \u00e0 y faire \u00e9riger des installations permanentes. Le trait\u00e9 de l&rsquo;Oregon (sign\u00e9 le 15 juin 1846) prolongea jusqu&rsquo;au Pacifique le trac\u00e9 de la fronti\u00e8re sur le 49<sup>e<\/sup> parall\u00e8le nord fix\u00e9 lors de la Convention de 1818 pour l&rsquo;Est des Rocheuses. Ce trac\u00e9 scindait alors en deux la r\u00e9gion appel\u00e9e &laquo; Oregon Country &raquo; disput\u00e9e entre le Royaume-Uni (anciennement la Grande Bretagne) et les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs canadiens fran\u00e7ais vinrent travailler pour la &laquo; North West Company &raquo;. Les autochtones pr\u00e9f\u00e9raient n\u00e9gocier avec les Fran\u00e7ais et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale la HBC n&rsquo;ouvrait ses portes qu&rsquo;\u00e0 des Anglais. Leur march\u00e9 se d\u00e9veloppa donc tr\u00e8s rapidement. La concurrence fut des plus f\u00e9roce : le commerce ayant diminu\u00e9, en 1774 la HBC \u00e9tait entr\u00e9e dans une phase d&rsquo;expansion dans les terres, vers l&rsquo;ouest. Les deux compagnies vivaient une intense rivalit\u00e9 qui quelques fois d\u00e9g\u00e9n\u00e9ra jusqu&rsquo;\u00e0 la violence et au meurtre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La tension devint insoutenable et des incidents comme la bataille de la Grenouill\u00e8re (en anglais, &laquo; Seven Oaks Massacre &raquo;) qui fit environ 20 morts le 19 juin 1816, men\u00e8rent les dirigeants \u00e0 trouver une solution d\u00e9finitive. La fusion \u00e9tait in\u00e9vitable. Elle e\u00fbt lieu en 1821. Le nom de la &laquo; North West Company &raquo; ne fut pas conserv\u00e9. Le territoire combin\u00e9 des compagnies fusionn\u00e9es fut \u00e9tendu par une licence. Il atteignait alors l&rsquo;Oc\u00e9an Arctique au nord et l&rsquo;Oc\u00e9an Pacifique \u00e0 l&rsquo;ouest. La HBC contr\u00f4lait donc un immense territoire qui allait du Labrador au Pacifique et de la Californie aux glaces polaires. Son commerce s&rsquo;\u00e9tendait sur 7 770 000 km<sup>2<\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ajoutant \u00e0 cela les diff\u00e9rentes traditions des deux compagnies, des changements furent requis dans la structure administrative. Le commerce pour l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique fut divis\u00e9 en d\u00e9partements, eux-m\u00eames divis\u00e9s en districts. Les directeurs des districts se rencontraient annuellement dans des conciles d\u00e9partementaux pr\u00e9sid\u00e9s par le gouverneur de la compagnie en Am\u00e9rique du Nord. Ils discutaient de strat\u00e9gies, de d\u00e9ploiement des postes de traite et des hommes, de m\u00eame que de la logistique requise dans chacun des districts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant les ann\u00e9es 1820 et 1830 les trappeurs de la compagnie \u00e9taient tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans l&rsquo;exploration et le d\u00e9veloppement du Nord de la Californie. Ils \u00e9taient souvent les premiers \u00e0 explorer ces territoires. Nous sommes \u00e0 m\u00eame de constater que les compagnies de traite des fourrures, leurs employ\u00e9s, partenaires et clients ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement et la colonisation du pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exploration des territoires inconnus, la construction des premiers \u00e9tablissements permanents de m\u00eame que le d\u00e9veloppement de petites communaut\u00e9s tout autour (avec l&rsquo;affluence des personnes impliqu\u00e9es dans le commerce, des agriculteurs et autres) ont conduit les postes de traite \u00e0 devenir le centre de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique en plusieurs endroits. Avec l&rsquo;arriv\u00e9e du chemin de fer dans le dernier quart du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, plusieurs postes de traite de l&rsquo;Ouest canadien devinrent le noyau de nouveaux villages et petites municipalit\u00e9s. Le r\u00e9seau des postes de traite \u00e9loign\u00e9s les uns des autres a contribu\u00e9 de mani\u00e8re importante \u00e0 unifier la nation canadienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La compagnie, qui d\u00e9tenait le pays presque en entier a contribu\u00e9 d&rsquo;une autre fa\u00e7on \u00e0 en faire ce qu&rsquo;il est actuellement. En 1869 elle acceptait d&rsquo;abandonner ses droits territoriaux avec la signature de l&rsquo;Acte de Cession (Deed of Surrender) qui faisait suite \u00e0 loi de 1868 sur la Terre de Rupert (Rupert&rsquo;s Land Act). Cette loi habilitait Sa majest\u00e9 (la reine Victoria) \u00e0 accepter sous condition la cession des terres, des droits et des privil\u00e8ges de la compagnie de la Baie d&rsquo;Hudson en Am\u00e9rique du Nord en pr\u00e9vision de l&rsquo;adh\u00e9sion du territoire correspondant au Dominion du Canada. Ce qui fut fait en 1870 en \u00e9change de 300 000 livres sterling, de droits miniers sur les terres autour des postes de traite et d&rsquo;une portion fertile de l&rsquo;Ouest canadien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela avait d\u00e9but\u00e9 en 1867 lorsque le Dominion du Canada fut form\u00e9. Le gouvernement ne voulait pas que les Am\u00e9ricains r\u00e9clament les terres dans l&rsquo;Ouest et envoya George-Etienne Cartier \u00e0 Londres pour demander les droits sur la terre de Rupert. Il est pour ma part incompr\u00e9hensible que la compagnie ait accept\u00e9 un si petit montant contre des millions de km<sup>2<\/sup> de territoire, m\u00eame en tenant compte de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est vrai cependant que le commerce des fourrures \u00e9tait moins florissant. Vers 1840 il avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 diminuer et le castor canadien de m\u00eame que le bison d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord \u00e9taient presque en voie d&rsquo;extinction au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La demande pour les peaux de luxe comme le vison et le phoque demeur\u00e8rent mais vers 1870 le commerce des fourrures n&rsquo;\u00e9tait plus une industrie majeure comme autrefois. La compagnie devait se tourner vers d&rsquo;autres sources de revenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 1850 d\u00e9j\u00e0, en raison de l&rsquo;affluence aux postes de traite on voit poindre \u00e0 l&rsquo;horizon les magasins \u00e0 rayons. Chaque poste \u00e9tait pourvu d&rsquo;un petit magasin dans lequel les trappeurs pouvaient \u00e9changer leurs fourrures ou tout simplement acheter les fournitures dont ils avaient besoin. Un poste o\u00f9 passe beaucoup de gens a besoin de quantit\u00e9 de produits que l&rsquo;on devait placer sur de grandes \u00e9tag\u00e8res afin de suffire \u00e0 la demande. Pour accommoder les clients de toute sorte, la marchandise devint de plus en plus diverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par exemple, durant la fi\u00e8vre de l&rsquo;or du fleuve Fraser, la vente de produits alimentaires, d&rsquo;\u00e9quipement divers et de licences de prospection (ces derni\u00e8res \u00e0 5$ par personne) fit cro\u00eetre le besoin d&rsquo;une \u00e9conomie mon\u00e9taire au lieu d&rsquo;une \u00e9conomie seulement bas\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9change de fourrures et autres commodit\u00e9s. James Douglas, alors agent principal (en anglais, &laquo; chief factor &raquo;) du d\u00e9partement de Columbia, \u00e9crivait en 1858 que la farine, le bacon, les haricots, les outils miniers (import\u00e9s de San Francisco), les couvertures et les v\u00eatements de laine \u00e9taient les articles les plus vendus \u00e0 Fort Langley, et que les ventes oscillaient autour de 1500$ par jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chiffre d&rsquo;affaire d&rsquo;un poste de traite grandissant, le petit magasin se retrouve dans un b\u00e2timent dans lequel il occupe tout l&rsquo;espace. Il est d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de &laquo; saleshop &raquo; (magasin g\u00e9n\u00e9ral). Vers la fin du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle la compagnie commen\u00e7a \u00e0 transformer ses postes de traite en &laquo; saleshop &raquo;. La vente au d\u00e9tail prenant encore plus d&rsquo;importance, les magasins sont ind\u00e9pendants des postes de traite et sont b\u00e2tis sur des terrains pr\u00e9vus \u00e0 cet effet. Ainsi naissent les grands magasins \u00e0 rayons ou &laquo; department stores &raquo;. Le premier de tous ouvre ses portes \u00e0 Winnipeg, Manitoba en 1881. Pour la compagnie, c&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une \u00e8re nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1910, la compagnie entreprit l&rsquo;expansion et la r\u00e9novation de ses magasins de vente au d\u00e9tail. Durant cette p\u00e9riode, plusieurs autres grands magasins \u00e0 rayons seront inaugur\u00e9s dans l&rsquo;Ouest canadien : Kamloops (1911), Calgary (1913), Edmonton (1913), Vancouver (1914), Victoria (1921), Saskatoon (1922) et Winnipeg (1926). Beaucoup plus grand et b\u00e2tit \u00e0 un autre endroit que celui de 1881, ce dernier accueillit 50 000 personnes lors de son ouverture le 18 novembre. Jusque dans les ann\u00e9es 1960 les magasins \u00e0 rayons s&rsquo;appelaient &laquo; Hudson&rsquo;s Bay Company Stores &raquo;. En 1965 leur nom fut chang\u00e9 pour &laquo; The Bay &raquo; (les magasins La Baie que nous connaissons).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1670 \u00e0 1970 les gouverneurs de la compagnie \u00e9taient anglais et bas\u00e9s \u00e0 Londres. En 1970, lors du 300<sup>e<\/sup> anniversaire, le si\u00e8ge social fut transf\u00e9r\u00e9 de Londres \u00e0 Winnipeg, ici au Canada. \u00c0 l&rsquo;exception de plusieurs milliers d&rsquo;actionnaires, la compagnie n&rsquo;a plus de pr\u00e9sence au Royaume-Uni et son gouverneur est un canadien. En 1974 la direction centrale d\u00e9m\u00e9nagea \u00e0 Toronto, tandis que le si\u00e8ge social demeura \u00e0 Winnipeg jusqu&rsquo;en 1990 o\u00f9 il fut d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 lui aussi dans la Tour Simpsons \u00e0 Toronto d&rsquo;o\u00f9 la compagnie op\u00e8re aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les archives de la compagnie, conserv\u00e9es dans les bureaux de Londres depuis ses d\u00e9buts furent transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 Winnipeg en 1974 lorsque la compagnie accepta de les pr\u00eater \u00e0 long terme aux Archives du Manitoba. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 cette impressionnante collection fut accord\u00e9 au public l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Contenant des tr\u00e9sors d&rsquo;information sur approximativement 2 kilom\u00e8tres lin\u00e9aires, elles documentent les \u00e9v\u00e9nements journaliers de pr\u00e8s de 500 postes de traite ainsi que les voyages dans l&rsquo;Atlantique, l&rsquo;Arctique et vers le Pacifique. \u00c9valu\u00e9es \u00e0 pr\u00e8s de 60 millions de dollars, la HBC les donna de mani\u00e8re permanente \u00e0 la province du Manitoba en 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s qu&rsquo;elle e\u00fbt acquis les magasins Zellers en 1978, la compagnie d\u00e9tenait la plus grande cha\u00eene de vente au d\u00e9tail du pays. Acquis par la compagnie en 1979, les magasins Simpsons furent convertis en magasins La Baie une d\u00e9cennie plus tard, soit en 1989 pour ceux de Montr\u00e9al et 1991 pour ceux de Toronto. De nos jours la &laquo; Hudson&rsquo;s Bay Company &raquo; est le nom de la corporation canadienne qui d\u00e9tient les magasins La Baie, Zellers, Home Outfitters (D\u00e9co D\u00e9couverte) et Fields. Elle op\u00e8re plus de 630 points de vente au d\u00e9tail situ\u00e9s dans chaque province du Canada avec pr\u00e8s de 70 000 employ\u00e9s et des revenus de 7,4 milliards de dollars en 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 2006, pour la premi\u00e8re fois de son histoire la HBC appartient \u00e0 des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains. Jerry Zucker en fit une compagnie priv\u00e9e en la radiant du TSE apr\u00e8s avoir compl\u00e9t\u00e9 l&rsquo;achat de toutes les actions. \u00c0 sa mort en 2008, sa veuve Anita Zucker en h\u00e9rita et devint la premi\u00e8re femme gouverneur de la HBC. La m\u00eame ann\u00e9e la compagnie est vendue \u00e0 NRDC Equity Partners (NRDC), une firme d&rsquo;investissement priv\u00e9e qui la contr\u00f4le via sa soci\u00e9t\u00e9 de portefeuille am\u00e9ricaine priv\u00e9e, Hudson&rsquo;s Bay Trading Company (HBTC). Richard A. Baker, pr\u00e9sident du conseil et chef de la direction, et pr\u00e9sident et chef de la direction de NRDC en est le gouverneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sources:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Le Site officiel de la Compagnie de la Baie d&rsquo;Hudson.<\/li>\n<li>Wikipedia, source d&rsquo;information de toute sorte.<\/li>\n<li>Le site des Archives du Manitoba<\/li>\n<li>Le site du minist\u00e8re de la justice du Canada.<\/li>\n<li>Divers autres sites Internet.<\/li>\n<li>La chronique du Jeton, Bulletin de la SNQ, d\u00e9cembre 2004.<\/li>\n<li>L&rsquo;encyclop\u00e9die Grolier, \u00c9dition Uni-Cana, 1954.<\/li>\n<li>Le grand Larousse Encyclop\u00e9dique, Larousse, 1960.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Compagnie de la Baie d\u2019Hudson (de son vrai nom actuel Hudson\u2019s Bay Company ou HBC) a \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9e le 2 mai 1670. La charte royale sign\u00e9e \u00e0 Whitehall Palace par Charles II roi d\u2019Angleterre (1660-1685) accordait \u00e0 la compagnie le monopole de la traite des fourrures, de la p\u00eache et des mines en plus d&rsquo;autres privil\u00e8ges comme le pouvoir<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":609,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/198"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=198"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/198\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1977,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/198\/revisions\/1977"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/609"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=198"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=198"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesnumismates.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=198"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}